Planète

20 % de la nourriture produite dans l'Union européenne est gaspillée. Les députés européens se prononcent aujourd'hui sur une proposition visant à diviser par deux les pertes alimentaires. D'ici là, voici dix astuces concrètes pour éviter de jeter des aliments.


L’Union européenne a "l’obligation morale et politique de réduire les énormes quantités de denrées alimentaires gaspillées", estime la députée européenne Biljana Borzan. Auteure d’un rapport d’initiative soumis au vote en séance plénière aujourd’hui, l’élue démocrate socialiste croate souhaite mettre fin à une "situation insoutenable" : "selon les estimations, 20 % de la nourriture produite dans l’Union européenne est perdue ou gaspillée, alors même que 55 millions de personnes dans le monde n’ont pas les moyens de s’offrir un repas de qualité un jour sur deux". Biljana Borzan souhaite réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici 2030.

Des pertes importantes dans les ménages

Les institutions européennes ne prennent pas le problème à la légère et de nombreuses initiatives ont déjà été mises en place notamment dans le plan d’action en faveur de l’économie circulaire. Au niveau national, des Etats membres n’ont pas attendu la législation européenne. La France, par exemple, a voté une loi empêchant les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation. Si plus de 50 % du gaspillage alimentaire est réalisé dans les derniers maillons de la chaîne d’approvisionnement, surtout dans les ménages en Europe, des pertes ont lieu tout au long du processus. "Dans les pays en développement, le gaspillage se concentre dans les premières phases, en raison de l’absence de techniques agricoles avancées, de systèmes et d’infrastructures de transport efficaces et de possibilités de stockage sûres, explique Biljana Borzan dans un communiqué. La nourriture gaspillée ou perdue est synonyme d’un gaspillage d’eau, de terres agricoles, d’heures de travail, d’énergie et d’autres ressources précieuses et souvent limitées."

Le rapport présente une série de mesures pour améliorer la gestion des ressources au sein de l’Union européenne avec l’objectif de réduire de moitié le gaspillage. Outre les campagnes de sensibilisation et de communication, l’auteure du rapport souhaite mettre en place des incitations économiques comme favoriser les dons et la redistribution à des organisations caritatives, la possibilité d’adapter le prix des produits à l’approche de sa date de péremption ou la revalorisation des denrées alimentaires en nourriture pour le bétail et les animaux domestiques dans le respect des critères d’hygiène et de sécurité.

La Belgique met en place des actions

De telles mesures existent déjà en Belgique, souligne Joséphine Henrion, experte chez Bruxelles-Environnement. Les estimations européennes de 2010 qui placent le pays dans le trio de tête des mauvais élèves sont à prendre avec des pincettes, commente la spécialiste, "c’est un flux très difficile à quantifier. Je ne pense pas que nous soyons dans les bons éléments, il y a encore des améliorations à faire mais nous ne sommes pas en retard." En Flandre et en Wallonie, un plan de réduction des déchets dont un volet important est consacré au gaspillage alimentaire a été lancé. La Région bruxelloise de son côté a mis en place la stratégie Good Food qui "vise la totalité de la chaîne alimentaire avec plus de 110 prescriptions. La lutte contre le gaspillage alimentaire a été intégrée dans cette stratégie avec des objectifs ambitieux : réduire de 30 % d’ici 2020."

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