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Ils ne sont pas adorables ces manchots qui découvrent une caméra d'aussi près pour la première fois?

Contrairement à l'affaire Naruto, le singe photographe, il ne s'agit pas à proprement parler d'un selfie étant donné que les manchots empereurs se sont juste approchés d'une caméra qui était déjà en train de tourner. Mais qu'à cela ne tienne, la vidéo publiée par l'Antarctic Division a attendri les internautes.

Dans un communiqué publié sur son site, la cellule chargée de mener à bien le programme Antarctique de l'Australie explique que la scène s'est passée à la rookerie (colonie de manchots) d'Auster, près de la station de recherche Mawson, en Antarctique. "Eddie Gault a laissé la caméra sur la glace pendant qu'il visitait la rookerie et il n'a pas fallu longtemps pour que ces oiseaux naturellement curieux saisissent l'opportunité de 'prendre un selfie'".

"Les manchots empereur sont vraiment des oiseaux incroyables. Ils ne survivent pas seulement à l'hiver en Antarctique mais ils se reproduisent durant les pires conditions météo sur Terre. Nos recherches visent à en apprendre plus sur les manchots, comment ils vivent, où ils vont, ce qu'ils font, ce dont ils ont besoin pour survivre. Nous tentons également d'en apprendre plus sur comment les activités humaines peuvent impacter leur vie et leurs chances de survie", peut-on lire sur leur site internet.

Découverte surprise de 1,5 million de manchots Adélie isolés en Antarctique

Pendant ce temps, des chercheurs découvraient une colonie d'1,5 million de manchots Adélie isolés en Antarctique. A l'origine de cette découverte publiée vendredi dans la revue Scientific Reports, l'analyse d'images satellite d'un petit archipel de la mer de Weddell, raconte à l'AFP Heather Lynch, de l'université américaine de Stony Brook. Les scientifiques savaient que des manchots Adélie, avec leur ventre blanc, leur tête noire et leurs yeux cerclés de blanc, étaient installés sur au moins un des neufs îlots, où un recensement en 1996-97 avait évalué les nids entre 285.000 et 305.000. Mais les images satellites du programme Landsat d'observation de la Terre de la Nasa ont révélé la présence de guano sur d'autres îles et les algorithmes étaient formels: les manchots sont bien plus nombreux.

Leurs cousins menacés

De nombreuses études s'intéressent aux manchots. L'une d'entre elle, parue le 26 février 2018 dans la revue Nature Climate Change, expliquait que 70% de la population mondiale de manchots royaux (les cousins des manchots empereurs) pourrait disparaître avant la fin du siècle. Le réchauffement climatique pousserait en effet ces volatiles à aller toujours pour loin pour trouver le poisson nécessaire à leur survie et à celle de leur progéniture.

Pour rappel, les manchots royaux vivent dans les îles subantarctiques, dans un endroit moins froid que les manchots empereurs. Dans cette région océanique où se rencontrent les eaux froides de l'Antarctique et les eaux plus chaudes des régions subantarctiques se trouve une énorme quantité de poissons, peut-on lire sur Sciences et Avenir. "C'est un véritable garde-manger pour les parents. A tour de rôle, ils parcourent en moyenne entre 300 et 500 km pour rejoindre ce vivier. Mais le réchauffement climatique des océans repousse progressivement ce front vers l'Antarctique. Les parents manchots doivent alors parcourir des distances de plus en plus grandes pour nourrir leur poussin. Celui-ci qui attend le retour de ses parents doit jeûner de plus en plus longtemps. Bientôt, l'absence du parent parti au ravitaillement dépassera les capacités de jeûne des poussins. Au-delà de 10 jours d'absence, ils mourront. Les populations s'effondreront et seront vouées à disparaître".

La preuve qu'étudier les manchots est décidément riche en enseignements.