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Des milliers d'hectares de mangroves ont péri, victimes de la soif, dans l'extrême nord de l'Australie, le plus important phénomène du genre attribué au changement climatique jamais enregistré, ont annoncé mardi des chercheurs. Quelque 7.400 hectares de ces écosystèmes de marais maritimes ont péri dans le Golfe de Carpentarie semi-aride, sur une étendue d'un millier de kilomètres, expliquent des chercheurs de l'université australienne James Cook dans le Journal of Marine and Freshwater Research. Ce dépérissement - qui se traduit soit par la mort des mangroves soit par leur défoliation - a été confirmé par des observations aériennes et des cartographies satellitaires remontant à 1972, combinées à l'analyse d'archives météorologiques.

Norm Duke, spécialiste de cet écosystème au sein de l'université, explique cette évolution par trois facteurs: la sécheresse, avec une pluviométrie en baisse ces dernières années sur la côte, les températures record atteintes dans la région et la baisse du niveau de la mer (d'environ 20 centimètres) "à cause d'un El Nino (courant équatorial chaud du Pacifique) particulièrement fort".

En fait, les mangroves "sont mortes de soif", résume le scientifique. Les chercheurs estiment que le phénomène de dépérissement s'est produit fin novembre ou début décembre. Des pêcheurs s'en sont notamment aperçus.

Les mangroves jouent un rôle majeur pour la préservation des littoraux et la subsistance des populations. Elles protègent les herbiers marins et les coraux en filtrant les ruissellements, elles servent de site de reproduction pour les poissons et absorbent de grandes quantités de carbone présent dans l'atmosphère.