Planète Deux eurodéputés socialistes, membres de la commission de l’Agriculture, le Français Eric Andrieu et le Belge Marc Tarabella, annoncent vendredi qu'ils demandent l'ouverture d'une commission d'enquête sur Monsanto. Le géant américain de l'agrochimie, qui fabrique des produits phytosanitaires hautement controversés comme le glyphosate (Roundup), était dans le collimateur de 29 parlementaires européens depuis quelques semaines, après la sortie des "Monsanto papers". La justice fédérale américaine avait rendu publiques, le 16 mars, des centaines de pages de correspondance interne de Monsanto, qui prouvaient que l'entreprise s’inquiétait dès 1999 de la dangerosité du Roundup. Les eurodéputés avaient alors envoyé une lettre à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, lui demandant de ne pas renouveler l’autorisation du glyphosate dans l'Union européenne.

Ce courrier étant resté sans réponse, les deux eurodéputés veulent donc la mise en place d'une commission d'enquête sur les agissements de Monsanto. "Il faut mettre au pas ces multinationales, peu scrupuleuses, qui se moquent de la santé des consommateurs. Après la parution des "Monsanto papers", il ne fait plus aucun doute que de nombreux produits Monsanto sont particulièrement dangereux pour les citoyens. Avec mon collègue français Eric Andrieu, nous nous battrons pour obtenir gain de cause. La réaction européenne a souvent été dans la posture. Il faut du concret et des sanctions", déclare Marc Tarabella. "L’Europe doit taper du poing sur la table. Elle doit arrêter de dérouler le tapis rouge à ces grandes firmes et montrer qu’elle protège ses concitoyens de la mondialisation. A défaut, elle cessera d’exister" , dit, pour sa part, Eric Andrieu.

Les deux parlementaires interpelleront leurs collègues au sujet de la création d'une commission d'enquête lors de la prochaine réunion de la commission de l'Agriculture qui se tiendra les 2 et 3 mai. Pour qu'elle puisse être constituée, il faut l'approbation d'un quart des eurodéputés. "L'intérêt d'une telle commission serait de partir des "Monsanto papers" et d'élargir le périmètre d'investigation à d'autres produits dangereux, de faire la lumière sur la manière dont ils finissent dans les assiettes de 500 millions d'Européens", précise Marc Tarabella.

Eric Andrieu demande, par ailleurs, à la direction générale de la Concurrence de la Commission européenne d’intégrer le principe de sécurité alimentaire dans ses critères de "qualité", lors de l’examen du rachat de Monsanto par le groupe allemand Bayer. "La Commission européenne se doit de protéger les citoyens de cette fusion, qui serait un désastre pour la sécurité alimentaire de centaines de millions d’Européens", souligne-t-il.