Planète Le rapport fédéral sur le développement durable 2017 a été présenté ce mardi.

Les évolutions actuelles vont en général dans la bonne direction, mais sont le plus souvent loin d’atteindre les objectifs chiffrés" conclut dans son rapport annuel l’équipe "Task force développement durable" du Bureau fédéral du Plan. Chargée d’évaluer l’évolution de la Belgique en fonction des objectifs mondiaux de développement durable (SDG) définis par les Nations unies, la task force a déterminé si le pays était en bonne voie pour relever les défis majeurs tels que la lutte contre la pauvreté, la réduction des gaz à effet de serre et la protection de l’environnement. En 2015, la Belgique s’est engagée à atteindre ces objectifs d’ici 2030. Il semble que la bonne volonté soit présente mais les résultats, eux, bien loin d’être au rendez-vous. "Dans de nombreux cas, les objectifs restent à l’état d’aspiration et doivent encore être traduits en objectifs chiffrés", notent les auteurs du rapport.

Des indicateurs vont dans la mauvaise direction

34 indicateurs, présentés par la Belgique aux Nations unies en juillet 2017, ont été évalués. Parmi les indicateurs chiffrés, seuls cinq d’entre eux ont une évolution favorable, "Recherche et développement", "Pêche durable", "Surface marine en zone Natura 2000", "Femmes parlementaires" et "Énergies renouvelables". Les 11 autres indicateurs comme les émissions de gaz à effet de serre ou le risque de pauvreté sont bien loin d’atteindre les objectifs tandis que 3 d’entre eux vont même dans la mauvaise direction comme la part du "Transport de personnes en voitures".

Sur les questions environnementales et sanitaires, certains domaines progressent même si les chiffres ne sont pas disponibles à l’instar de la "surface en agriculture biologique" ou "les nitrates dans les eaux de rivière" mais en termes de pollution, notamment "l’exposition aux particules fines", la situation est préoccupante. "Les émissions et les concentrations diminuent en moyenne, mais les pics de pollution dont la durée est de quelques heures à quelques jours, sont aussi très dangereux", précisent les auteurs du rapport qui dénombrent 8 340 morts prématurés par an en Belgique dues aux particules fines, 1 870 dues aux NO2 et 190 à l’ozone.

Pour espérer atteindre les objectifs de développement durable, il est indispensable d’améliorer la "coordination entre les Régions et le fédéral en particulier au sein de la Conférence interministérielle du développement durable" et "modifier les politiques", affirme l’équipe du Bureau fédéral. En d’autres termes, tant que les politiques ne seront pas modifiées en profondeur et établies avec cohérence à tous les niveaux avec beaucoup plus d’ambition pour opérer d’importants changements sociétaux, les objectifs de développement durable ne seront globalement pas atteints.