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En juin dernier, dans le cadre de son projet Prémonition, le géant Microsoft avait dévoilé un nouveau type de piège à moustiques, capable d’identifier et de capturer certaines espèces de moustiques, en l’occurrence ceux qui sont porteurs du virus Zika ou de la dengue.

Les pièges développés par l’entreprise américaine d’informatique sont en effet à même de différencier les espèces de moustiques en fonction de leurs battements d’ailes et de faire des captures "sélectives", qui permettront aux scientifiques de réaliser un gain de temps considérable pour tester différentes populations d’insectes.

Via le cloud, les données récoltées sont traitées et transférées aux scientifiques qui, après analyse, sont capables de détecter la présence d’agents pathogènes afin de tenter d’enrayer des épidémies dans les pays les plus exposés.

En utilisant l’intelligence artificielle, cet appareil peut ainsi apprendre au fil du temps à différencier de nouvelles espèces.

Il existe quelque 3 600 espèces de moustiques et seule une minorité d’entre eux, en particulier le moustique du genre Aedes, peut transmettre le virus Zika.

Pour identifier précisément un moustique, l’insecte pris au piège reçoit une lumière infrarouge. Selon la manière dont celle-ci réfléchit sur le moustique, on pourra en déduire sa nature.

Si l’insecte en question n’est pas dangereux, il sera relâché automatiquement. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une espèce connue pour transmettre le virus Zika ou une autre maladie, une alerte sera directement envoyée au département de santé du comté de Harris, au Texas, où est menée cette expérience.

Détecter la présence d’agents pathogènes

Equipé de deux micro-processeurs, le dispositif peut traiter de grosses quantités de données et informer les scientifiques sur l’heure précise de la capture d’un individu ainsi que sur les données atmosphériques et météorologiques au moment de la capture.

"Ces pièges connectés ont permis d’augmenter l’efficacité des scientifiques sur le terrain, et surtout de capturer davantage d’échantillons", selon Microsoft.

La technologie devait dans un premier temps être testée au Texas, avec l’installation d’une dizaine de pièges dans le comté de Harris, près de Houston, dont les autorités ont été séduites par l’idée.

"Pour un scientifique, c’est comme un rêve", s’était exclamé Mustapha Debboun, directeur du service de contrôle des moustiques de Harris, lors du lancement du projet. "Dans un comté de cette taille, nous n’avons pas les ressources suffisantes pour éliminer les moustiques à l’aide d’insecticides", devait-il expliquer.

Des drones pour aller placer les pièges

Dans un second temps, Microsoft envisage de mettre en place des drones capables de repérer les zones de concentration de moustiques et d’y transporter les pièges, dans des zones plus difficiles d’accès comme des marécages. Ces pièges collecteront d’autres données potentiellement intéressantes et notamment, la température extérieure ou le degré d’humidité.

"Le dispositif a été initialement conçu lors de l’épidémie d’Ebola en 2015, avait encore expliqué Ethan Jackson, dirigeant ces recherches. Les chercheurs souhaitaient tenter d’enrayer l’émergence de maladies infectieuses survenues rapidement dans certaines régions."