Planète "En bref, nous sommes à nouveau sur le chemin de la Lune, avec un oeil sur Mars." Ce lundi soir, Robert Lightfoot, l'administrateur  de la Nasa, l'agence spatiale américaine, a dévoilé les plans spatiaux des Etats-Unis pour les années à venir. Tout dépendait du budget et des lignes directrices que le président Donald Trump et la Maison Blanche imposaient à la Nasa. On sait désormais que le budget accordé par Donald Trump s'élève à 19, 9 milliards de dollars pour l'année fiscale 2019.



Dès 2020, le lanceur lourd "Space Launch System" et Orion, le vaisseau spatial capable de transporter des humains, "la colonne vertébrale" du projet lunaire, seront lancés autour de la Lune, avec une mission habitée dès 2023. Dès 2022, les premiers éléments pour une station en orbite lunaire devraient également être lancés, promet la Nasa. L'agence spatiale souhaite inclure rapidement des "partenaires commerciaux et internationaux" "pour nous aider à explorer davantage la lune et ses ressources et convertir cette expérience vers des missions habitées vers Mars".

"Entreprise immobilière en orbite"

Par ailleurs, la grande question qui agitait le milieu spatial dans le monde entier était le futur de la station spatiale internationale (ISS), ce laboratoire en orbite terrestre, occupé en permanence depuis 20 ans par des astronautes russes, japonais, américains, canadiens et/ou européens. Ces dernières semaines, des fuites dans la presse américaine laissaient penser que Donald Trump souhaitait mettre en fin au budget public américain finançant l'ISS (et son principal "sponsor"), en 2025. Alors que, dans le même temps, les autres partenaires pensaient plutôt à prolonger l'ISS jusque 2028. La Nasa l'a confirmé ce lundi soir : ce sera bien la fin des subsides "directs" US après 2024, mais avec une surprise. Donald Trump propose en quelque sorte de privatiser l'ISS. Au budget 2019, est inscrite "une somme de 150 millions de dollars pour encourager l'industrie spatiale américaine à développer des capacités pour l'orbite terrestre basse, à l'ISS ou de manière indépendante, qu'à la fois la Nasa et le privé pourraient utiliser".  "Pour l'orbite basse terrestre, nous nous appuierons sur des partenaires commerciaux", précise encore Robert Lightfoot.

Le plan présenté lundi ne s'appesantit pas sur tous les détails concrets d'un tel projet de gestion commerciale pour l'ISS. L'agence précise néanmoins qu'elle demandera la réalisation de business plans et des analyses de marché et sollicitera pour ce faire secteur privé et industrie.

Le fait de couper le financement public de l'ISS et cette idée, en quelque sorte, d' "opération immobilière commerciale en orbite" soulèvent déjà des critiques aux Etats-Unis, y compris parmi les élus de la majorité et parmi les chefs d'entreprises actives dans le spatial, selon qui ce serait très compliqué de faire de l'ISS un vrai "avant-poste commercial", étant donné que la station implique de nombreux partenaires internationaux publics.

A noter que ce budget doit à présent être approuvé par le Congrès, qui devrait aussi rendre ses propres propositions.