Planète

Quelque 15 litres de pluie tombés par mètres carrés à Uccle contre 51 litres habituellement : le mois d’avril a été particulièrement sec en Belgique. Si bien que les agriculteurs commencent à connaître des difficultés (lire ci-contre), particulièrement au sud du pays. Mais en réalité, cet épisode de sécheresse a débuté… au mois de juillet 2016. "En 2016, on a eu le premier semestre le plus arrosé de l’histoire, puis il y a eu un basculement. Depuis 10 mois, mis à part le mois de novembre, qui a été excédentaire en précipitations, nous avons eu une succession de mois déficitaire. C’est pour cette raison que l’on peut parler d’une situation un peu préoccupante" , souligne Pascal Mormal, météorologue au service climatologie de l’Institut royal de Météorologie.

Les réservoirs d’eau baissent

Les régions les plus concernées sont le Sud Luxembourg, avec la Gaume, la Semois… C’est là que le décalage est le plus important avec les quantités de précipitations habituelles, car il y pleut davantage qu’ailleurs : plus l’altitude est élevée, plus les pluies sont importantes. Avril est un des mois les plus secs de l’année, mais contrairement à l’été qui connaît souvent beaucoup d’orages mais où les pluies sont violentes et ne s’infiltrent pas dans le sol, le bon moment pour remplir les nappes phréatiques sont les mois de printemps et surtout d’hiver. Juste ceux de la sécheresse, donc… "La pluviosité a été inférieure à celle des années précédentes. Nos réservoirs sont donc plus bas qu’à la même époque l’an dernier. Mais nous ne connaissons pas de situation difficile sur notre réseau", indique Benoît Moulin, de la Société wallonne de distribution d’eau, sans donner de chiffres. C’est dans le Sud Luxembourg que l’impact se fait le plus sentir. "C’est la zone la plus sensible aux faibles précipitations. Dans le centre Ardennes, il y a beaucoup de ruisseaux, mais c’est un sol rocheux qui ne percole pas, où l’eau ruisselle. Les nappes phréatiques sont en surface, se remplissent vite quand il pleut, mais se vident très vite quand il ne pleut pas."

Tout peut encore basculer

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