Planète

Trois questions à Franck Pattyn - Climatologue à l’Université libre de Bruxelles.

1 - Ces dix dernières années, la côte Est des Etats-Unis a été touchée par quatre cyclones majeurs, Harvey, Sandy en 2012, Ike en 2008 et Katrina en 2005. Peut-on relier ces ouragans au réchauffement climatique ?

Ce phénomène naturel se passe en général à la fin de l’été puisque la surface de la mer doit être très chaude. Les tempêtes se forment de part et d’autre de l’Equateur et se déplacent de l’est vers l’ouest, la côte Est des Etats-Unis est donc sur le chemin de ces perturbations même si, en général, ce sont les Caraïbes qui subissent les ouragans. Certaines tempêtes se forcent un chemin jusqu’au golfe du Mexique où la température de l’océan est encore plus chaude et elles se renforcent. Dans le cadre du changement climatique, c’est la température qui joue un rôle. Plus la température de l’eau est élevée, plus les cyclones se chargent en humidité et donnent des précipitations importantes. Quand on observe les données dans cette région, la température océanique a augmenté de 0,5 à 1 degré dans le golfe du Mexique par rapport à il y a dix ans. Cela semble peu, mais cela crée un potentiel d’humidité pouvant être absorbée par les cyclones beaucoup plus important. S’il y a une urbanisation des côtes, comme c’est le cas à Houston, cela crée des dégâts considérables.

2 - En Inde et au Népal, 750 morts ont été recensés cet été lors des inondations et des glissements de terrain causés par la mousson. Ce phénomène se renforce-t-il aussi avec le changement climatique ?

...