Planète

La députée (MR) et présidente du sénat travaille depuis plus de dix ans sur le bien-être animal et a déposé un projet de décret, en même temps que Josy Arens, pour interdire l’abattage sans étourdissement. "Je suis profondément choquée par les propos de Monsieur Markiewicz" , confie Christine Defraigne. Le 6 avril, dans "La Libre", Philippe Markiewicz, président du Consistoire central israélite, et le Grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui ont exprimé leur mécontentement et leur ferme désaccord avec cette proposition qui serait une atteinte à leur liberté de culte, "la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale" .

"Faire la comparaison avec la Shoah, c’est un point Godwin hallucinant et excessif, un amalgame" , répond Christine Defraigne. "Comparer la démarche d’introduction de l’étourdissement dans le cadre de l’abattage rituel avec l’attitude des nazis, c’est un raccourci inacceptable." Elle précise : "Nous ne voulons pas interdire l’abattage rituel, nous demandons simplement d’éviter des souffrances inutiles et cela respecte les prescrits religieux étant donné que l’animal est toujours vivant au moment du sacrifice."

Une évolution de la société

Pour Christine Defraigne, se soucier du bien-être animal fait partie intégrante de l’évolution de la société, "c’est devenu une valeur importante, cela fait partie de notre humanité d’éviter aux animaux ces souffrances" , ajoute-elle. "Quand on considère qu’il y a un conflit de valeurs, ce que je ne pense pas, il faut avancer vers un compromis. C’est pourquoi j’ai amendé le décret. Avec l’étourdissement par électronarcose, on concilie les deux impératifs alors je ne comprends pas pourquoi les communautés s’arc-boutent sur leurs positions et m’attaquent de cette manière. J’aurais préféré que la communauté juive représentée par Monsieur Markievicz fasse un pas pour trouver la voie de la sagesse et de l’équilibre."

La députée tient également à préciser qu’elle n’est pas "antireligieuse" : "Je déplore le glissement dans le raisonnement de Monsieur Markievickz quand il dit que je fais passer le bien-être animal avant le rite religieux. Je respecte les religions, pour autant qu’elles respectent nos principes fondamentaux, comme l’égalité hommes femmes par exemple."

"Une attaque sur le plan humain"

Christine Defraigne explique que les représentants religieux ont été entendus dans le cadre de ce projet de décret, notamment au sein du Conseil wallon du bien-être animal. A titre personnel, elle avoue se sentir "blessée par une attaque de cette virulence compte tenu de s (m) on implication dans le travail de mémoire." "J’ai toujours été proche de la communauté juive, je suis présente et impliquée pour les commémorations de la Shoah. C’est une attaque sur le plan humain non constructive."