Planète En Wallonie, des voix s’élèvent pour défendre l’abattage du bétail à la ferme, afin d’éviter les abattoirs industriels. Un éleveur qui est passé à l’acte, en toute illégalité, témoigne. Le gouvernement wallon pourrait autoriser le tir au pré pour 2019 au plus tard. C’est en tout cas la volonté du ministre Di Antonio.

C’était aux alentours de Noël dernier. J’avais emprunté une carabine de moyen calibre, pas trop gros pour que la balle ne ressorte pas et pas trop petit pour ne pas rater mon coup. Je me suis mis debout devant la vache, qui était dans la prairie au milieu du troupeau. J’ai attendu le bon moment, qu’elle ne bouge pas, et j’ai tiré dans le front, dans la zone qu’un expert m’avait conseillée. La vache est morte sur le coup. Ses congénères ont simplement relevé la tête au moment de la très forte détonation mais sinon, elles n’ont pas bronché. J’ai saisi un seau rempli de tourteaux pour les attirer plus loin puis j’ai rapidement saigné la vache que je venais d’abattre en la suspendant à un élévateur. J’ai ensuite appelé le vétérinaire (dont l’agrément est indispensable pour emporter la carcasse à l’abattoir en vue de sa découpe, NdlR) . Il avait vu les bêtes la veille en pleine forme et n’a pas fait de difficultés quand j’ai prétendu que la vache s’était blessée au moment de la charger dans la bétaillère (un animal blessé peut être achevé)."

"Ce geste de tuer un de mes animaux a été stressant pour moi. J’avais conscience de mes responsabilités et j’avais terriblement peur d’un raté. Je ressentais un mélange d’excitation liée à l’adrénaline et d’une tension qui se relâche. Mais j’étais également satisfait de voir que le reste du troupeau allait bien, que j’avais minimisé la souffrance et le stress de la vache abattue. J’ai comparé avec ce qu’elle aurait enduré avec l’abattoir : un long transport, deux heures d’attente sur place, la vue de ses congénères, des décharges électriques pour la faire avancer plus vite. Et il n’y avait pas photo."

En se livrant à ce qu’on appelle un tir au pré, cet éleveur bovin wallon en circuit court, dont nous préserverons l’anonymat, a commis un acte illégal. Il s’expose à des poursuites pénales pour avoir lui-même tué un de ses animaux sains dans son exploitation.