Planète

Le ministère polonais de l'Environnement a accusé mercredi la Cour de Justice de l'Union européenne d'être devenue "partie" au procès qui oppose Varsovie à la Commission européenne dans l'affaire de l'abattage des arbres dans la forêt de Bialowieza. Lundi, la Commission européenne et la Pologne avaient exposé leurs points de vue opposés devant la CJUE, Varsovie étant accusé de coupes commerciales à Bialowieza et de non respect de l'ordonnance de la justice européenne demandant l'arrêt provisoire des opérations d'abattage d'arbres dans ce massif héritier des grandes forêts primaires d'Europe.

"Un incident sans précédent a eu lieu lors de cette session. Le vice-président de la Cour (Antonio Tizzano) est entré dans le rôle de la partie plaignante en suggérant aux représentants de la Commission européenne le contenu de leur motion", a affirmé le ministère polonais dans un communiqué.

D'après les médias polonais, la représentante de l'UE n'était pas bien préparée et le juge Tizzano est intervenu pour lui suggérer des éléments de procédure.

Selon le communiqué du ministère, "l'objectif principal (des procédures en cours) est d'humilier la Pologne".

Varsovie déclare respecter les directives européennes en la matière et affirme procéder seulement à des coupes de protection, "nécessaires pour la sécurité publique". Nombre de scientifiques et d'organisations environnementales le contestent et protestent sur place.

Cependant, lors de la session de la CJUE, des images à l'appui, la représentante de la Commission européenne a montré que les opérations d'abattage se poursuivaient dans ce site classé Natura 2000 et protégé par l'Unesco.

Le 25 mars 2016, le ministre polonais de l'Environnement avait donné son feu vert à un plan controversé permettant de développer l'exploitation du bois dans ce massif forestier, pour répondre aux attaques d'insectes xylophages.

Mi-juillet, la Commission européenne a introduit un recours en manquement contre la Pologne devant la CJUE. Mais cette procédure dure un an et demi à deux ans, ce qui a poussé Bruxelles à introduire une requête urgente.

La décision de la Cour est attendue début octobre.