Greenpeace épingle l’incident de Tihange

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Planète

Arnaud Collignon, spécialiste nucléaire chez Greenpeace, s'est prêté au jeu des questions-réponses, avec les internautes de LaLibre.be concernant la fuite radioactive de Thiange. Voici quelques extraits de ce chat :

Pourquoi peut-on dire que cette fuite radioactive est dangereuse ?

La prolongation de Tihange 1, décidée la semaine passée par le gouvernement fédéral, augmente le risque nucléaire. Ce réacteur aura 50 ans. Il avait été conçu pour durer 30 ans. L’analyse de stress test réalisée à la demande de l’Europe ne tenait pas compte du vieillissement des réacteurs.

Les conséquences peuvent-elles être graves ?

La fuite rendue publique aujourd’hui n’est pas une catastrophe, mais elle reflète un manque de transparence pourtant nécessaire pour que les autorités chargées de la sécurité nucléaire remplissent ce rôle et que la population puisse remettre en cause le crédo du secteur nucléaire : "Il n’y a pas de risque".

Quels sont les véritables risques pour les personnes vivant à proximité de Tihange ?

En cas d’accident majeur, les risques sont évidemment énormes à Huy mais aussi dans une large zone autour du réacteur dans laquelle Liège se trouve. La direction du vent jouerait un rôle clé. Si la probabilité est évidemment faible, comme le disait encore le commissaire à l’Energie Oettinger : "vous ne pouvez pas éliminer le risque".

Quelle date de sortie du nucléaire est véritablement réaliste selon vous ?

En 2050, l’Europe peut tourner à 100% à l’énergie renouvelable. Ce choix, parmi les scénarios énergétiques possibles, est le meilleur marché, le plus efficace et surtout est nécessaire pour répondre à la climatique et au risque nucléaire. Une étape de transition avec du gaz est nécessaire.

Le gaz, vu comme remplaçant du nucléaire en Belgique, n’est-il pas également une énergie dangereuse ?

Tout à fait. Mais l’avantage du gaz est sa flexibilité. Or, notre réseau électrique du futur devra être décentralisé et flexible (à l’opposé du réseau nucléaire inflexible et hyper centralisé). Le gaz est donc nécessaire pour assurer la transition entre les deux modèles.

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