Planète Dans le hall moderne du centre européen d’entraînement des astronautes à Cologne, c’est le sourire photogénique de Thomas Pesquet, en gros plan et vêtu de sa combinaison d’astronaute, qui accueille le visiteur. Calogero Montedoro, Elke Mergny, Quentin Thomas et le reste de leur équipe ont eux aussi revêtu leur “uniforme”. Chacun porte une veste rouge frappée du logo “UCL to Mars”.

Début avril, ces jeunes scientifiques, étudiants à l’UCL ou doctorants, partiront pour 15 jours sur Mars, et ils sont venus recueillir les derniers conseils de Frank De Winne.

Si c’est certes bien l’astronaute belge qui les accueille en chair et os, ce n’est pas tout à fait la planète rouge qui les attend, mais un “analogue” dans le désert de l’Utah, aux Etats-Unis. C’est-à-dire un module qui a pour but de simuler au maximum les conditions d’astronautes sur Mars. Ils vont passer “quinze jours dans une boîte de conserve” : leur espace de vie consistera en un cylindre de 8 mètres de diamètre réparti sur deux étages dont les occupants ne peuvent sortir qu’en combinaison spatiale. Le module est divisé en trois parties (serre, observatoire et habitat) reliée par un tunnel.


Expérience de la Nasa

Chacun des sept astronautes aura un rôle bien spécifique (commandant, second, technicien, géologue..) mais devra aussi mener des expériences scientifiques. “Ce n’est pas pour du beurre”, assure en choeur l’équipe : la sélection est rude et toutes les expériences doivent être validées par la Mars Society, une organisation qui promeut les missions habitées sur Mars. Elles seront ensuite exploitées par les agences spatiales pour aider à l’exploration martienne. “Et en plus, nous sommes l’un des 250 équipages à faire partie d’une étude de la Nasa, qui cherche à savoir quelle est la composition idéale d’un équipage d’astronautes (caractère, compétence...).


Les participants, des passionnés, rêvent à une carrière dans le spatial. Voire à devenir astronaute. “Intégrer le corps des astronaute, c’est un parcours d’exception et ce n’est pas toujours possible, mais ici on peut voir si la partie concrète nous accroche et acquérir des connaissances, confie Damien Mertens. Moi, c’est un rêve d’enfant. J’ai grandi à Houston à côté du centre de la Nasa...” Et il y a aussi la curiosité de l’inconnu : “Mars, c’est le prochain défi., assure Elke Mergny. Après Christophe Colomb, le ciel, la Lune...”


Frank De Winne, lui, pense que Mars n’est pas pour tout de suite, et qu’il faudra justement repasser par la Lune avant d’y aller. Mais les “astronautes” n’en sont pas déçus. “On est des maillons de la chaîne, on veut juste faire progresser la science.”