Inspire Fondée il y a deux ans en France, la plateforme de financement participatif 1001pact débarque en Belgique en septembre.


Cette plateforme de crowdfunding propose aux particuliers d'investir sous la forme d'actions dans des projets orientés vers l'innovation sociale ou environnementale. "En tant qu'actionnaires, les investisseurs ont accès aux comptes de l'entreprise. Ils peuvent voter aux assemblées générales, et même s’investir en terme de compétences dans l’entreprise", précise Eva Sadoun, co-fondatrice de 1001pact. 

"Il s'agit de répondre à deux enjeux importants", poursuit-elle. "Depuis la crise financière, de plus en plus de particuliers souhaitent plus de transparence dans leurs investissements, ils veulent comprendre à quoi sert leur argent. En même temps, on constate l’émergence de nombreux projets orientés vers l’innovation sociale et environnementale. Mais, comme très peu de fonds se spécialisent dans le financement de ce type de projets, ceux-ci se développent jusqu'à présent avec une capacité financière insuffisante par rapport à leurs ambitions."

Via le financement participatif, 1001pact viendrait donc doper l'entrepreneuriat social en Belgique. Mais de quoi s'agit-il exactement? "L'entrepreneuriat social, c'est une pratique qui vise à maximiser son impact social, son impact sur la société, au travers de son activité économique. Concrètement, il s'agit de développer des produits, des services, qui répondent aux vrais enjeux de société actuels, au niveau local ou à un niveau plus global. Il s'agit aussi de développer une activité qui est pérenne, qui ne dépend pas uniquement des sponsors, ou des subsides, et qui apporte vraiment de la valeur au client, tout en apportant de la valeur à la planète et à la société", détaille Lionel Slusny, responsable du développement de 1001pact en Belgique.

Déjà un succès en France

Plus précisément encore, 1001pact va se concentrer sur des entreprises qui remplissent trois critères. D'abord, l’entreprise doit avoir un impact social. Ensuite, il lui faut un modèle économique viable ainsi que rentable. Enfin, l’entreprise doit adopter un modèle de gouvernance responsable. "1001Pact va également plus loin que l'entrepreneuriat social, puisque nous prenons aussi en compte les entreprises qui agissent en faveur de causes environnementales", ajoute Eva Sadoun.

A titre d'exemple, prenons l’entreprise belge Tale Me qui a déjà levé des fonds sur la déclinaison française de la plateforme et qui entamera une deuxième levée de fonds à partir de septembre sur sa version belge. Cette entreprise loue des vêtements pour les femmes enceintes et les enfants entre 0 et 4 ans. Tous les vêtements sont complètement éco-conçus, et la moitié de la production est réalisée à travers des usines d’insertion afin de combattre des problèmes de chômage. Un projet social, rentable et responsable, donc.

Si 1001pact présente autant d'exigences vis-à-vis des projets qui seront soutenus sur sa plateforme, cette entreprise applique une même politique en interne. "Les membres de nos équipes peuvent être parties prenantes du capital et pour assurer la transparence, on leur présente la stratégie globale tous les deux mois", explique Eva Sadoun. "En outre, nous recourrons à un comité d’experts externes pour revoir le dossier de chaque entreprise désirant initier une campagne de crowdfunding sur notre plateforme. C'est une manière de garantir la qualité des projets. Enfin, conformément à notre ambition sociale, nous avons fixé notre rémunération de 4 à 7% des fonds levés pour chaque campagne. C'est un taux en dessous de la moyenne du marché."

Sur ses deux premières années d’activité en France, 1001pact a déjà connu une certaine réussite. En chiffres cela se traduit par sept millions d’euros récoltés pour financer vingt-quatre entreprises sociales ou environnementales. Son arrivée imminente en Belgique devrait aussi être couronnée de succès, parie Lionel Slusny. “Surtout que le mécanisme belge du tax shelter, qui est l'un des plus ambitieux en Europe, permettra, sous certaines conditions, aux investisseurs de déduire jusqu'à 45% de leur investissement de leurs impôts sur le revenu. Voilà un très beau cadeau de l’état."