Inspire

Des pièces aux couleurs vives. Des habits pour femme au parfum vintage. Des blouses, des robes, des pulls uniques à l’indéniable supplément d’âme.

Les créations de Lauriane Milis se pressent sur une tringle à l'entrée de son atelier...


A partir d'anciens vêtements, la jeune fondatrice de "Wear a story" confectionne des pièces uniques qu'elle conçoit comme des histoires. Des bouts de vie rapiécés qui auront une seconde chance de briller. Pour Lauriane, il est bien sûr question de proposer quelque chose d'original, des produits stylés, mais aussi de s’inscrire dans une démarche durable, en faisant du neuf avec du vieux.

Son atelier se situe à l’étage du RecyK, le long du canal à Anderlecht. C'est une ancienne fabrique d’extincteurs transformée, sous l’impulsion de Bruxelles Propreté, en haut lieu de l’économie circulaire. La jeune maman prépare du thé, qu’elle a ramené d’un voyage au Sri-Lanka, avant de nous présenter de son projet.

Il faut remonter dans le temps pour comprendre comment tout a commencé… Toute petite, déjà, Lauriane Milis était fascinée par la malle à déguisements de ses grands-parents, elle adorait les anciens vêtements. Ensuite, lors de ses études en science de gestion, à Louvain-la-Neuve, elle participe au kot à projet Oxfam. A coup de débats sur l’avenir de la société et de documentaires, son goût pour le vintage et la mode se teinte de réflexions sur l’industrie du prêt-à-porter. Ces vêtements que l’on retrouve dans les grandes enseignes, dans quelles conditions sont-ils fabriqués ? Où finissent-ils, une fois démodés?

"J’ai eu envie de rendre la mode plus durable, explique Lauriane. A cela s’est ajouté l’envie de créer. Après mes études en science de gestion, je me suis orientée vers des études de stylisme en cours du soir, à Saint-Luc. J’ai alors tenté d’utiliser différents matériaux recyclés, et petit à petit, mon idée a mûri. Je me suis intéressée au créneau de la "seconde main". Il faut savoir qu’une bonne partie des vêtements collectés en Belgique, par Les Petits Riens par exemple, ne sont pas distribués ici, ils sont exportés en Afrique. Ils sont dévalorisés, alors qu’à mes yeux, on peut encore en faire quelque chose de super chouette. Les pièces sont légèrement abîmées par endroit, les coupes démodées, mais les étoffes et les tissus restent de qualité."

Laurianne a donc profité de quelques programmes dans des accélérateurs d’entreprises pour peaufiner son business plan. Elle s'est rendue compte que son idée pouvait fonctionner et a pris la décision de se lancer, il y a deux ans et demi.

Pour le moment, ce qui est chouette c'est que j'ai l'impression de gagner en notoriété, la visibilité augmente. il y a un attrait pour ce genre de démarche. Les gens sont interpellés", sourit Laurianne.

Cependant, elle reconnaît aussi qu’il y a une marge entre l’enthousiasme témoigné pour son projet et le nombre d’actes d’achat. "Il faudrait que les mentalités évoluent et que les gens soient prêts à consacrer une partie de leur budget à ce genre de dépense. Forcément, comme ce sont des pièces produites en Belgique et qu'elles sont uniques, elles sont plus chères que ce que l'on peut trouver dans les grandes enseignes. Une pièce coûte entre 100 et 200 euros. Mais, selon moi c'est un achat qui a du sens."

Peu importe les chiffres, la jeune créatrice continue d'y croire. Elle a déjà plein d’idées pour faire évoluer son projet. Grâce à une bourse de la Région bruxelloise, elle engagera bientôt une employée ou un employé pour booster sa communication. "Je vise aussi le marché flamand, qui est porteur pour la mode", détaille-t-elle. Elle prévoit aussi d'organiser des ateliers pour apprendre aux gens à réaliser eux-mêmes leurs vêtements à partir de pièces récupérées. Car ce qui compte, au final, c'est d'être bien habillé, tant sur la forme que sur le fond.

wearastory.be