Inspire Les 28 Etats membres de l'Union européenne, réunis en Conseil ce lundi, ont voté "oui" à la réforme de l'agriculture biologique. La Belgique s'est abstenue, tout comme l'Allemagne et la Hongrie. Six pays ont voté contre : la Finlande, la Tchéquie, la Slovaquie, l'Autriche, la Lituanie et Chypre. Le texte final entrera en application en juillet 2020, après un vote au Parlement européen.

Si la Belgique s'est abstenue, c'est parce qu'aucun consensus n'a pu être trouvé entre la Flandre, favorable à une abstention, et la Wallonie qui s'est positionnée contre le texte.

"Au cours de ces dernières semaines, j’ai maintenu mon opposition à ce texte qui, au fil de ses modifications, va à l’encontre des objectifs initiaux d’harmonisation et de maintien de la crédibilité du label bio. Je considère pour ma part que cet accord n’est bon ni pour les consommateurs ni pour nos producteurs bio et risque de se traduire par une perte de crédibilité à l’égard du secteur. C’est l’application stricte de la législation européenne faite en Wallonie qui a permis de gagner la confiance du consommateur. C’est cela que je ne veux pas miner", fait savoir René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture (CDH).

René Collin reconnaît toutefois que le texte présente des avancées, par rapport à l'actuelle législation qui date de 2007, "sur la question de la présence de substances non autorisées, même si celles-ci restent incertaines", précise-t-il. Le ministre estime également que le fait que les agriculteurs bio pourront se réunir en groupements de producteurs est "une idée que je soutiens", tout comme l'interdiction de l'agriculture bio hors-sol, ainsi que la suppression des règles d’équivalence pour le bio non européen et son remplacement par l’obligation de respecter l’entièreté des normes UE qui est "une très bonne chose".

Reste qu'il qualifie ces avancées d'"insuffisantes pour changer de position". Les points de blocage de la Wallonie concernent tout d'abord la fréquence des contrôles des agriculteurs qui, d'annuels, passeront à tous les deux ans si aucune infraction n'est constatée. "Alors que nous avons une pression de contrôle très élevée, je ne pourrais pas accepter de recul en la matière. C’est également un élément de crédibilisation vis-à-vis de nos consommateurs", indique René Collin. Le ministre n'a pas non plus accepté le "peu de clarté" sur la question de la présence de traces de produits chimiques dans les produits bio. "On aurait dû faire confiance à la Commission européenne, qui aurait posé des actes délégués. Pour moi, c'était acheter un chat dans un sac."

Le ministre wallon de l'Agriculture aurait souhaité, comme l'Allemagne, un report du vote de quelques jours afin d'obtenir des précisions sur ces actes délégués. "J'aurais alors pu revoir ma position", dit-il.