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L'ASBL Lowco a développé une application mobile qui offrira aux utilisateurs une véritable cartographie des artisans et commerçants locaux et « bas carbone ».

Un épicier qui passe à la vente en vrac pour réduire les déchets; un artisan ébéniste qui essaie de ne travailler qu'avec des produits non toxiques et des bois locaux; un jeune maraîcher qui se lance dans la permaculture; une coopérative à finalité sociale pour des coursiers à vélo… Les entrepreneurs qui embarquent dans le train du développement durable sont de plus en plus nombreux, mais pas forcément très visibles.

Une faiblesse à laquelle veulent remédier les créateurs de Lowco. Comment ? Grâce à l'utilisation d'une application mobile qui offrira aux utilisateurs une véritable cartographie des artisans et commerçants locaux et « bas carbone ». « On est de plus en plus nombreux à vouloir consommer écoresponsable et on connaît tous dans notre environnement personnel des entrepreneurs qui sont engagés dans une démarche durable et sociale, mais il reste compliqué d'avoir une vision d'ensemble de ce qui existe», explique Kristoffer Berger, l'un des trois initiateurs de ce projet. En outre, poursuit-il, ce nouveau marché n'échappe pas à la récupération et au greenwashing de certains acteurs dont la force de frappe médiatique est souvent considérable. « Ils surfent sur une approche mono-critère. On peut avoir un produit dont le bilan global n'est pas nécessairement bon, mais ils mettent en avant l'argument local, fairtrade au bio », explique notre interlocuteur.

Un outil participatif impliquant consommateurs et artisans

Pour sa part, Lowco a développé un outil d'analyse qui apporte de façon très intuitive – à l'aide de quelques pictogrammes – une information plus large à l'utilisateur. L'idée est de lui apporter en un coup d’œil une information sur le profil écoresponsable du fournisseur qui l'intéresse.

L'implication sociale et environnementale de celui-ci entrent en ligne de compte en intégrant une large palette de paramètres : mode de gouvernance, finalité dans l'utilisation des bénéfices, nombre d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur, modes de transport utilisés... Une grille de lecture qui a été finalisée en concertation avec des fédérations d'entreprises sociales et des organisations actives dans le secteur de l'alimentation durable en Wallonie et à Bruxelles, précise M.Berger.

L'objectif de Lowco est de créer un véritable réseau participatif où consommateurs et artisans deviennent de véritables partenaires. Pour ce faire, l'ASBL a prévu de s'appuyer sur des cellules locales ouvertes à tous les citoyens intéressés par la démarche. Après avoir reçu une courte formation, ceux-ci iront à la rencontre de ces entrepreneurs dans leur voisinage afin d'affiner au mieux ces évaluations dans un esprit de dialogue.

Encourager les changements vertueux

Les critères utilisés sont de cette manière eux-mêmes réévalués en permanence. « La cellule locale permet de comprendre les enjeux et l'objectif poursuivi par l'entrepreneur, mais aussi d'être informé de sa réalité, de ses contraintes et des difficultés qu'il rencontre. » Et de découvrir, par exemple, pourquoi une coopérative agricole qui a fait du circuit court et de la défense des petits producteurs son cheval de bataille doit tout de même se tourner vers certains grossistes pour une partie de son approvisionnement.

« On est dans une démarche très humanisée », insiste Kristoffer Berger. Le système se veut « moins clivant qu'un label ». « Cette approche permet d'inclure des gens qui ne sont pas forcément nickel-chrome mais de les encourager à progresser dans la démarche vertueuse dans laquelle ils se sont engagés.»

En plus de consulter les informations sur ce qu'il recherche, l'informateur peut également apporter son grain de sel en publiant les photos de certains produits proposés par le commerçant partenaire. Il pourra aussi exprimer ses envies en indiquant dans une liste de produits et de services ceux dont il aimerait disposer à proximité de chez lui. De plus, il aura également la capacité de signaler à une cellule locale un écart par rapport à ce qu'annonce le Lowcoscope. Si une épicerie qui affirme être à 100 % locale propose des ananas et des kiwis, par exemple. Mais « ce n'est pas un tribunal » avec une notation directe qui s'afficherait sur l'appli, souligne son Kristoffer Berger. « La cellule locale sert d'intermédiaire et le partenaire à la possibilité de donner son explication. »

L'entrepreneur pour sa part pourra tester l'intérêt qu'il peut y avoir à développer tel service ou à proposer tel ou tel produit dans un zone précise. Une forme d'étude de marché, en quelque sorte.

Pour démarrer le projet, les créateurs du Lowcoscope ont fait appel au crowdfunding afin de récolter 10 000 euros. Leur objectif est de lancer une version test de l'application vers février-mars et de proposer une version opérationnelle pour l'été. Une phase d'expérimentation qui permettra d'enrichir progressivement leur base de données.

Le service sera gratuit, le temps que le système fasse ses preuves. L'idée est ensuite de demander une cotisation annuelle de 50€ aux entrepreneurs partenaires du réseau en échange du service rendu.