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« Changer les choses, c'est possible !» S'ils devaient se choisir une devise, ce pourrait être celle-là.

François Guillamon et Pierre Huwart sont des amis de longue date, liés par leur amour de la cuisine mais aussi de profondes convictions sociales. « On avait envie de développer un projet qui soit utile pour nous et pour les autres », résument-ils.

Après avoir cogité sur les scénarios possibles durant quelques mois, ils viennent de se jeter à l'eau. Grâce au soutien récolté via le réseau de financement participatif Kisskissbankbank, l'association les RemorCoeurs  est officiellement née il y a trois mois.

Food Truck et burgers végétariens

Les 15 000 euros obtenus ont été investis dans l'achat d'une petite remorque de Food Truck et de l'équipement nécessaire. A bord de celle-ci, François et Pierre vont écumer les festivals durant cet été. Les spectateurs d'Esperanzah, de La Semo, des Nuits du Cirque ou encore des Scottish Days (pour ne citer que ceux-là) auront ainsi l'opportunité de goûter leurs « BurCoeurs », des hamburgers végétariens et leurs accompagnements de légumes qu'ils ont patiemment mis au point. « On a mangé et on a fait manger des lentilles à nos amis pendant six mois », rigole le duo.

Des préparations « maison » qui seront composées d'aliments issus essentiellement de circuits courts et locaux. Et, dans la mesure du possible, de la filière bio. Les lentilles vertes à la base de ces burgers végétariens, par exemple, sont cultivées en Wallonie. Les accompagnements feront appel aux légumes de saison.

Outre les grands rassemblements culturels, les RemorCoeurs sont également prêts à se rendre sur des événements privés comme des mariages ou des anniversaires.

Créer des potagers pour les populations défavorisées

Jusque-là, rien de bien original, direz-vous, si ce n'est l'audace de s'attaquer à l'emblème de la consommation de viande qu'est le hamburger, à grand renfort de lentilles vertes et autre confit d'oignons ou caviar d'aubergine. C'est que le Food Truck n'est pas une fin, mais un moyen.

« Dans un premier temps, notre objectif est d'utiliser les bénéfices que cette activité nous permettra de dégager pour aider des populations précarisées à créer des potagers solidaires », explique Pierre Huwart. Agé de 30 ans, il a lui-même connu les années de chômage et de galère. « L'idée est de permettre à des personnes comme des SDF ou des migrants d'avoir accès à une alimentation saine et durable, mais également de partager des connaissances. Nous avons déjà noué des contacts dans ce sens et on espère réaliser le premier de ces potagers au printemps 2018.»

Mais leurs ambitions ne s'arrêtent pas en si bon chemin. « A plus long terme, enchaîne François Guillamon, nous voulons arriver à créer une fédération de fermes qui permettront la réinsertion sociale et professionnelle de ces personnes. Ce qui y sera produit servira à confectionner nos « BurCoeurs » ou pourra être valorisé par d'autres voies commerciales. Et l'argent gagné de cette manière servira au développement de ces fermes. C'est ce que nous appelons le « Sharing Food System », un modèle économique social et solidaire. »

Originaire du Sud de la France, le jeune homme affiche un optimisme en acier trempé. Fraîchement diplômé ingénieur agronome du prestigieux institut AgroParisTech, il a pu observer l'envers du décor de l'industrie agro-alimentaire à l'occasion de divers stages effectués durant ses études. « Engranger un maximum d'argent est leur seul objectif. Cela m'a bien aidé à déterminer ce que je ne voulais pas faire de ma vie.»