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Les sportifs ne sont pas les seuls à se lancer des défis. A Bruxelles, plusieurs associations d'aide aux personnes précarisées n'ont pas peur de placer la barre très haut : d'ici à 2020, celles-ci veulent en effet offrir un logement durable aux 400 personnes qui dorment dans les rues de la capitale.

Baptisée « 400Toits », cette campagne a pour ambition de fédérer tous les acteurs ­ citoyens, pouvoirs publics, propriétaires privés ­ qui souhaitent apporter une réponse pérenne qui ne se limite pas aux dispositifs d'urgence qui se répètent hiver après hiver. Si ceux-ci sont nécessaires, il faut passer « de la gestion du problème à sa résolution », souligne Muriel Allart, coordinatrice du projet pilote Housing First Belgium. « On a tous envie de vivre dans une capitale de l'Europe où il n'y aurait plus un seul sans-abri ».

Ne plus se contenter de gérer

A ceux qui estiment que cet objectif est irréaliste en raison des problèmes de logement qui existent globalement à Bruxelles ou « parce que ces personnes ont choisi la rue », les promoteurs de 400Toits répondent qu'il n'en est rien. Pour preuve l'expérience menée dans le cadre du projet « Housing First » qui s'est focalisée sur une soixantaine de personnes sans-abri particulièrement fragiles dans la mesure où elles cumulaient des problèmes de santé mentale et physique ainsi que d'assuétudes. Les résultats sont plutôt probants puisque 57 personnes ont pu être relogées avec un taux de maintien de 100 % au terme de trois années.

« Il est évident que toute personne ou famille précarisée peut s'en sortir et reprendre pied dans sa vie à partir du moment où elle a accès à un logement abordable et où elle bénéficie d'un accompagnement adéquat », insiste Julie Rodier, membre de l'association Habitat & Humanisme.

« A l'heure actuelle, trop de personnes décèdent en rue, parfois une ou deux semaines avant d'entrer dans un logement. Il en faut plus et plus vite », ajoutent de leur côté les représentants d'Infirmiers de rue.

Appel aux bénévoles

Pour mener à bien ce programme d'insertion, « 400Toits » entamera une première étape du 26 au 26 juin en partant à la rencontre des personnes concernées dans la rue. Le but est de faire connaissance afin de comprendre leur situation propre, leurs besoins, leurs attentes… dans le cadre d'un questionnaire défini à cette fin. Pour réaliser ces « face-à-face » qui doivent permettre d'imaginer des solutions de logement adaptées, les associations sont à la recherche de 250 à 350 bénévoles qui seraient prêtes à consacrer un peu de temps en soirée ou en journée. Celles-ci devront obligatoirement suivre une petite formation à ces méthodes d'entretien qui sont déjà utilisées dans d'autres grandes villes européennes. Les participants réaliseront ces rencontres en équipe. Polyglottes bienvenus ! Inscription via le site www.reve-realite.org/400toits 

Faire preuve de créativité

Ces associations n'ignorent évidemment pas la difficulté de trouver des logements à prix démocratique dans la capitale, ni les réticences de certains propriétaires à mettre leur bien à disposition de ce type de public. Il faut donc se montrer créatif pour faire émerger de nouvelles solutions répondant à la spécificité de ces personnes. Dans le cadre d'une étude, elles ont ainsi identifié une série de pistes pour accélérer ce qui se fait déjà mais aussi d'autres plus novatrices comme la création de « boîtes » de logement dans des espaces de bureaux inutilisés ou encore la construction de logements modulaires ou d'habitats légers de haute valeur écologiques et architecturale sur des friches urbaines.

Enthousiastes et optimistes, les membres de la plate-forme « 400Toits » ont bon espoir d'enclencher une dynamique positive autour de cette question. Et espèrent que cette démarche sera suivie au-delà des frontières de Bruxelles.