Inspire Le 21 avril, le Domaine de Chevetogne accueille la première “Journée Victor de la littérature”. Une invitation à la promenade, ponctuée de rencontres contées.

"Un enfant qui lit sera un adulte qui pense”. Cette phrase, dont le Fonds Victor a fait sa devise, résume à elle seule la philosophie humaniste et émancipatrice qui souffle sur ce projet.

Ce 21 avril après-midi, les promeneurs qui déambuleront dans le vaste parc du Domaine de Chevetogne (en province de Namur) auront le double privilège de s’immerger dans la nature et dans la littérature. Au gré de leur balade, ils feront la rencontre de “récitants” qui viendront leur conter quelques passages choisis d’un livre ou d’un texte qui leur tient à cœur, où l’on évoque cette nature justement. Un échange poétique qui a pour but de créer du lien entre conteurs et visiteurs, mais aussi avec l’environnement qui les entoure.

Quelque 140 jeunes ont choisi de prendre part à cette aventure, se réjouit Francis Van de Woestyne, éditorialiste en chef de “La Libre Belgique” à l’initiative de cette journée particulière. Plusieurs personnalités – comédiens, présentateurs de télévision, entre autres… – ont également accepté de se livrer à cet exercice bucolique destiné à un public familial.

Le montant de l’accès au parc (une entrée unique à 10€) sera entièrement reversé au Fonds pour financer le développement de ses activités.

Donner le goût des livres aux ados

Créé par Francis Van de Woestyne et sa compagne suite au décès accidentel de leur fils à l’automne 2016, le “Fonds Victor” a pour vocation de perpétuer sa mémoire en donnant le goût des livres – et des échanges que font naître les livres – aux jeunes âgés de 12 à 15 ans. Une noble ambition qui se réalise sous différentes formes.

L’an dernier, un premier appel à projets lancé dans toute la Communauté française a ainsi permis de sélectionner cinq écoles. Celles-ci ont reçu un coup de pouce du Fonds pour mettre en œuvre les projets qu’elles avaient imaginés. “Ceux-ci doivent avoir une dimension ludique et participative pour inciter les élèves à aller vers les livres et à se les approprier”, explique Francis Van de Woestyne, saluant au passage “l’implication extraordinaire et la passion qui anime les professeurs impliqués” dans ces actions.

A l’Institut de l’Abbaye de Flône, par exemple, les élèves de neuf classes du premier degré secondaire ont chacun dû choisir un livre qu’ils ont ensuite présenté devant leurs camarades. Au terme d’un vote, les présentations les plus convaincantes ont été retenues et les romans sélectionnés ont été “mis en voix” et enregistrés par un groupe d’élèves, les transformant du coup en “livres audios” destinés aux personnes malvoyantes.

A l’Athénée royal Paul Brusson d’Ans-Montegnée, les élèves ont choisi un roman de l’écrivain Claude Rancy. Lors d’une série d’ateliers d’écriture en compagnie de ce dernier, ils se sont attelés à réécrire l’histoire à partir d’un des personnages du roman, laissant cours à leur propre imaginaire pour donner naissance à autant de nouveaux récits.

A l’Institut Cardinal Mercier de Schaerbeek, ce sont deux classes pluriculturelles de deuxième secondaire, très majoritairement composées d’élèves arrivés dans notre pays depuis moins de trois ans, qui développent leur expression orale en français à partir de la littérature, avec l’aide d’un comédien professionnel.

Pour les écoles intéressées, l’appel à projets 2018-2019 est en cours. Les inscriptions se clôturent le 30 septembre de cette année

Le Fonds Victor s’est également associé au Prix littéraire Farniente, qui récompense l’auteur d’un livre pour adolescents sélectionnés par des adolescents. D’autres projets sont encore en sommeil sur les étagères de sa bibliothèque.

G.T.

https ://www.lefondsvictor.be/