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La technologie Li-Fi présente un certain nombre d'avantages  sur le Wi-Fi 

Allumez la lumière. Imperceptiblement, les faisceaux qui la composent scintillent, s'allumant et s’éteignant des milliers de fois par seconde. « C'est, de manière simplifiée, du morse optique », explique Didier Cousin. Car en plus de produire de la lumière et d'émettre de la chaleur, ce courant électrique est aussi capable, une fois décrypté, de transmettre des données.

Ce constat scientifique est à la base de la technologie du « Li-Fi », ou «light fidelity » . En d'autres termes, c'est « la capacité de l'éclairage LED, par des modulations rapides de l'intensité lumineuse, à communiquer et donc à échanger des informations », poursuit le directeur de chaîne de l'entreprise française Lucibel. Connu depuis la fin du XXe siècle, le Li-Fi donne une nouvelle jeunesse à la communication optique, dont Graham Bell avait été le précurseur en... 1880, avec son photophone (téléphonie optique). 

Dans ce cas-ci, une lampe ou un panneau LED est équipé de la technologie Li-Fi. Un récepteur, sorte de clé USB, est par ailleurs branché à votre appareil (ordinateur ou tablette) et permet ainsi la réception-émission des informations. « Sous le cône lumineux, la connexion à très haut débit est garantie », affirment les acteurs du secteur, qui vantent par ailleurs les « larges perspectives de performances d'un système ayant déjà atteint des débits comparables au Wi-Fi et dont les tests en laboratoires ont donné des résultats cent fois supérieurs ».

Plus de sécurité, moins d'ondes...

Au moment où l'on amplifie les zones d'accès à l'internet sans fil, pourquoi s'attacher à circonscrire de la sorte la zone de connectivité ? Le Li-Fi a été créé d'abord et avant tout pour cette restriction car celle-ci est synonyme de sécurité accrue. Elle permet de réduire la vulnérabilité inhérente au système Wi-Fi puisque, contrairement à celui-ci, « le signal lumineux ne traverse pas les murs. La connectivité n'étant possible que sous le halo de lumière, les données restent dans le champs lumineux et ne sont pas "hackables", ce qui en garantit la confidentialité », assure Benjamin Azoulay, Directeur de OledComm. Une garantie principalement recherchée dans le domaine industriel ou médical. « Le piratage des données médicales constitue aujourd’hui un risque majeur pour tout établissement de santé », confirme Yannick Lorentz, Directeur de l’hôpital français STELL.

Autre avantage, sur le plan sanitaire cette fois : alors que toute la lumière n'a pas encore été faite sur les répercussions des ondes électromagnétiques, le Li-Fi en éviterait la propagation. Les hôpitaux, celui de Perpignan en tête, y ont vu une solution de choix, alors qu'en France, la « Loi abeille » interdit le Wi-Fi dans les sections pédiatriques et les maternités.

L'éclairage LED, grâce à sa vitesse, est l'élément fondateur de cette technologie. Connu pour sa basse consomation d'énergie (ce type d'ampoule consomme 85 % d'énergie en moins que celle à incandescence), il peut aussi faire valoir des arguments du point de vue environnemental. Ceci est d'autant plus vrai pour la technologie Li-Fi qui, en utilisant cette source d'éclairage déjà présente, n'augmente pas la consommation énergétique.

Encore à ses balbutiements, cette technologie reste coûteuse et peu disponible pour le grand public (hormis une lampe "design" tout juste arrivée sur le marché). Les entreprises actives dans la recherche, le développement et la commercialisation se donnent trois ans pour travailler sur la «miniaturisation », qui permettrait d'introduire la technologie dans les smartphones. Et d'ainsi la démocratiser.