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Un jeune étudiant-entrepreneur bruxellois a ouvert le premier « pressing pour chaussures » du pays.

« Non, je ne fais que du nettoyage, pas de réparation. Pour ça, vous pouvez allez en face », répond courtoisement Alexandre au client qui vient de pousser la porte de sa boutique. En face, c'est chez le cordonnier. Alexandre Delepiere, lui, ne fait que « du nettoyage et de la restauration visuelle, avec des retouches de couleur ou de la repigmentation pour le daim ».

A tout juste 23 ans, ce jeune étudiant-entrepreneur a ouvert, fin juin à Schaerbeek, le premier « pressing pour chaussures » du pays. Une idée qui lui est venue après avoir lui-même fait des taches sur une de ses paires de baskets. « Je dépensais quand même pas mal d'argent dans des paires de chaussures et je me suis demandé où je pourrais aller les faire nettoyer. Je me suis rendu compte que ça n'existait pas. L'idée est venue de là. Personne ne sait comment faire, à part en utilisant certains produits de grandes marques qui coûtent assez cher et en salissant tout dans sa salle d'un bain», explique-t-il, un timide sourire aux lèvres.

Personne n'occupant vraiment ce terrain, le jeune homme s'est donc formé tout seul, en testant ses recettes de nettoyage sur ses propres chaussures. Les résultats étant plus que probants, il a décidé de se lancer, tout en poursuivant études de commerce. Un fameux défi. « C'est mon choix donc, je fais tout pour que ça aille », assume-t-il

Soucieux d'offrir un service de qualité, il a ainsi choisi d'ouvrir en fin de journée (de 16 à 20h et de 14 à 20h le samedi) « afin que les gens puissent déposer et reprendre leurs chaussures après le boulot ».

Un travail à la main

Quatre mois après l'ouverture, le bilan de son activité répond à ses attentes. La demande pour ce genre de service est visiblement là. « La clientèle est très large», explique Alexandre. « Il y a de tout : des hommes, des femmes, des jeunes, des retraités... » Une diversité qu'il retrouve également dans la marchandise qu'il est appelé à remettre à neuf : sneakers, escarpins, mocassins... « Il y a une dame qui habite dans une maison de retraite proche d'ici et qui est venue m'apporter une paire dont elle voulait refaire toute la couleur. Elle était bien dedans et ne voulait pas en racheter de nouvelles. »

Le prix varie de 12,5 € à 30 € en fonction de la profondeur du nettoyage souhaité, mais aussi du type et de la qualité des matières qui composent la chaussure. « Shoes On Top » propose aussi de la customisation. Dans ce cas, le prix est fonction du travail à réaliser. « C'est du 'sur mesure', un peu comme du tatouage. Certains modèles sont plus faciles à personnaliser que d'autres .»

Tout ce travail, insiste encore le jeune Bruxellois, est réalisé « à la main, sans aucune machine, et avec des produits naturels écologiques » dont il garde jalousement le secret. « Si un client vient avec une paire que je juge en trop mauvais état, je lui dirai directement car le résultat ne sera pas bon. »

Au final, prêter attention à ses chaussures permet d'accroître leur durée de vie, plutôt que de gaspiller, souligne encore Alexandre. « Le mieux, c'est de faire un entretien tous les deux mois, un peu comme on va au car-wash avec une voiture. Je ne suis pas magicien, mais je fais du mieux que je peux. » A défaut d'une deuxième vie, vos chaussures peuvent gagner « un second souffle », promet-il.