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Les Halles Saint-Géry ont revêtu leur costume de seconde main, et font des déchets les stars de demain.

Des luminaires fabriqués à base de bouteilles en plastique, d’autres en carton, ou même conçus grâce à du marc de café recyclé et de champignons. De boites en plastique dur, on a fait des jouets pour enfants. Du cuire, on a créé des bijoux. Ces chutes de textiles réunies en patchwork forment une veste vintage unique alors que des milliers de mégots de cigarette redonnent vie au visage de Gainsbourg. En ce mois de juillet, les Halles Saint-Géry (Bruxelles-ville) ont revêtu leur costume de seconde main, et font des déchets les stars de demain.

« Star Waste » présente en effet ceux-ci comme d’inévitables ressources, et ce dans une diversité de domaines. « Il y a ce côté alchimiste. On transforme un rebut en pièce d’or », s’amuse Isabelle Azaïs. En mettant en place cette première version d'un événement appelé à être reproduit, elle et les exposants tiennent à « montrer la diversité de la palette du réemploi », entame la créatrice.

Si elle est active dans le domaine artistique, ce qui y est présenté s’étend à la construction, l’alimentation, la mobilité et l’art. « Ceci n’est pas exhaustif », insiste-t-elle. Ici, on offre plusieurs déclinaisons d’un même matériaux : plastique, carton, bois, cuir, déchets industriels,… « L’objectif est d’utiliser ce qui fait partie de notre environnement, ce qui nous est donné, pour en faire quelque chose de différent, de revaloriser ces matériaux en prolongeant leur vie », explique avec enthousiasme Isabelle Azaïs. « C’est l’idée même de résilience : faire avec ce que l’on a. Cessez de rêver d’avoir plus ».

Le mieux au lieu du plus. Voila la philosophie de cette exposition, qui prone un modèle économique circulaire : « La transition met l’accent sur la réutilisation, la réparation, la rénovation et le recyclage de produits existants », résume la fondatrice de « Star Waste ».

A coté du modèle linéaire dans lequel on produit, consomme et jète, cette exposition vise à « ouvrir les horizons » et à « changer les réflexes », tant pour le citoyen que pour des experts de la construction, ingénieurs ou artistes. Plutôt que de jeter à la benne ce dont on ne se sert plus, plutôt que d’acheter du neuf, pensons à nous rendre dans des « recyclerie » et autres « ressourceries ». Mais pour que cela devienne pavlovien, encore faut-il mettre en lien tous les maillons de la chaine.

Créer emplois et filières

Si cette exposition est mue par une indéniable préoccupation environnementale, ce sont aussi des arguments économiques que fait valoir la créatrice toulousaine, selon qui le réemploi permettrait autant de faire revivre certains « petits métiers », en les agrémentant d’une indispensable touche de modernité, que d’en imaginer de nouveaux. Il s’agit de créer de nouvelles filières d’emploi, comme celle du « valoriste », chargé de trier les déchets en fonction de leurs possibilités de réemploi, mais aussi de forger des liens entre producteurs de première et de seconde main et d’ainsi faire naitre et renforcer des réseaux pour que circulent plus facilement les matériaux.

Ce défi de la transition, Isabelle Azaïs entend « le présenter comme quelque chose d’enthousiasmant et d’euphorisant, et non comme quelque chose d’anxiogène ». Elle enfoncera d’ailleurs le clou lors de l’événement annuel « Design september » (du 7 au 30 septembre), qui a choisi pour thématique le réemploi. « La réflexion sur un modèle alternatif, complémentaire, commence à être largement partagée », ponctue Isabelle Azaïs.


L'exposition "Star Waste 1" a lieu dans les Halles Saint-Géry, à Bruxelles, durant tout le mois de juillet. Entrée gratuite. Pour plus d'infos, rendez-vous sur la page Facebook de l'événement (https://www.facebook.com/StarWaste/).