Inspire

Tout sauf un moteur. Lorsqu'il s'élancera sur ses skis de randonnée en janvier prochain, Arnaud Maldague priera pour qu'il y ait du vent. Devant lui, un continent à traverser à la force de ses bras et, surtout de ses jambes. Soit plus de 30 000 km qu'il ambitionne de parcourir en 30 mois.

Un défi personnel durant lequel il ira à la rencontre d'initiatives écologiques susceptibles d'inspirer la suite de son propre parcours. 

« Mon voyage débute à Kugaaruk, un petit village de 1000 habitants situé à l'extrême nord du Canada, et se terminera à la pointe de la Patagonie », explique ce jeune sportif passionné de judo.

Entre les deux, seize pays et des litres de sueur puisqu'Arnaud a choisi de s'interdire tour recours à des moyens de déplacements motorisés. Pour effectuer son périple baptisé « The Manneken Trip » (http://themannekentrip.be/fr/), il aura donc recours au snowkite (du ski de fond tracté par une voile) dans l'Arctique canadien, au vélo, à la marche, au kayak pour descendre le Mississippi ou à la pirogue pour rejoindre le fleuve Amazone, à un petit voilier pour traverser les Caraïbes et au cheval le long des Andes, énumère-t-il. Au programme, outre des conditions climatiques très variables et potentiellement hostiles, des pistes cahoteuses et des reliefs maous costauds.

Un challenge sportif teinté d'écologie. « Le fait de ne pas utiliser de moyens de déplacement motorisés constitue un vrai challenge qui me plaît et qui peut aider à convaincre d'éventuels sponsors de me soutenir. La dimension écologique s'est greffée dessus après coup », reconnaît-il avec honnêteté.

Un apprentissage sur le tas

Agé de 28 ans et un diplôme de science économique en poche, Arnaud investit toutes ses économies dans la réalisation de son rêve. Une aspiration au voyage qu'il nourrit de longue date, mais qu'il avait dû postposer en raison des problèmes de santé que connaissait sa maman, aujourd'hui décédée.

Une première expérience en vélo avec un ami, entre Bruxelles et Bangkok, est venue confirmer ce goût pour la bougeotte : « A mon retour, je me suis immédiatement dit que je repartirais ».

Depuis deux ans, il s'entraîne ainsi à ces disciplines qu'il va devoir maîtriser et dont il ignorait tout dans la plupart des cas. « Je suis parti deux semaines dans le Jura pour apprendre le ski de randonnée et en Espagne pour le kite surf. Puis je suis allé trois jours dans les Vosges faire du snowkite avant de réaliser une traversée de la Laponie en solitaire et en autonomie pendant un mois. J'apprends sur le tas, le but étant d'avoir suffisamment de connaissances dans chaque sport pour savoir gérer ce que j'aurai à faire », résume-t-il, en reconnaissant s'attendre à quelques galères. La logistique notamment ne sera pas simple à gérer, puisqu'il louera ou achètera - et retapera au besoin - une partie de son matériel sur place. Pour sa préparation, il est aussi en contact avec l'explorateur Dixie Dansercoer, qui lui apporte quelques conseils.

Mettre en évidence des initiatives écologiques

Durant son voyage, Arnaud Maldague a choisi d'aller à la rencontre d'acteurs environnementaux qu'il croisera sur sa route. «Il y a des initiatives partout dans le monde et je veux essayer les mettre en avant via le site web où je raconterai les différentes étapes de mon parcours. Ce sont des acteurs très divers : des scientifiques qui étudient la fonte du permafrost ; une association de jeunesse qui fait du recycl'art ; un magasin local qui a développé la permaculture et une ferme hydroponique pour s'affranchir des grosses chaînes de distribution ; une entreprise qui fait des maisons écologiques à un prix abordable… Sans oublier, les rencontres imprévues que je ferai. Mon but n'est pas de dire que c'est bien ou pas bien car je n'ai pas les connaissances pour cela, mais vraiment de découvrir les choses et de montrer qu'il y a des initiatives qui fonctionnent.»

Car, comme c'est souvent le cas, cette aventure se double d'une recherche spirituelle plus personnelle, poursuit notre interlocuteur. « C'est aussi une remise en question de la société d'aujourd'hui dans laquelle je ne vois pas trop quelle pourrait être ma place , développe-t-il. J'ai l'impression que tout le monde est hyperactif et débordé. A travers cette expérience, j'ai envie de revenir à des choses simples et de voir quel sens je veux donner à ma vie. »

La découverte de ces initiatives environnementales, espère-t-il, contribuera à l'inspirer pour construire son propre projet d'entrepreneuriat social par la suite.