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Originaire d'Ouzbékistan, le jeune doctorant a vécu la réalité de l'exil.

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Yegor Tarelkin (27 ans) avait 10 ans quand il est arrivé d’Ouzbékistan avec sa maman. Pour le jeune enfant, l’exil, c’est un peu l’aventure. Pour l’adulte, l’expérience est plus rude. Entre les lendemains incertains et les difficultés d’intégration, le sentiment d’insécurité est bien présent. Il a fallu faire des efforts considérables pour retrouver une vie normale.

Même si, à l’époque, fin des années 90, la Belgique montrait un visage plus accueillant : les procédures en matière d’asile étaient moins dures qu’aujourd’hui. Après leur passage par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), Yegor et sa maman ont été assignés à un CPAS (Centre public d’action sociale) et ont pu commencer à s’insérer dans la société belge.

En débarquant de Tachkent, Yegor ne parlait pas un mot de français. Pas plus que sa maman, qui a appris la langue de son pays d’accueil en devenant bénévole chez Oxfam. Le garçon a lui intégré une classe de primo-arrivants. “Je parvenais à me débrouiller après un an, mais c’est vraiment grâce aux scouts, aux copains d’école et aux clubs de sport que je me suis imprégné de la langue et que je me suis intégré dans la société belge”.

Après 5 années d’études de bio-ingénieur, Yegor (alias Thonthon, au centre sur la photo) a décroché une bourse de chercheur. L’actuel doctorant (ULB-UGent), qui s’exprime aujourd’hui dans un français impeccable, rédige une thèse sur la croissance des arbres en forêt tropicale. “C’est particulièrement important pour moi, qui ai vécu l’expérience de l’exil, de lutter contre la déshumanisation de la situation. Au regard de l’actualité, traverser la Manche me paraissait être un symbole fort. Soutenir Refugees Welcome me semblait être une évidence”.