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Le projet Genius Cycle lancé par Mister Genius permet de réutiliser certains composants et de mieux recycler les déchets électroniques.

Il y a un peu plus de 10 ans, Olivier Olbrecht se lançait dans une aventure un peu surprenante : ouvrir des boutiques accueillant les particuliers dont les ordinateurs présentent des pannes variées, logicielle ou technique. Au fil des années, le concept a plu et la chaîne Mister Genius a pris de l'ampleur. Elle commence à s'étendre en Flandre et vise désormais les PME en plus des particuliers. 

Tout va bien pour Olivier Olbrecht ? Oui, mais... l'absence de politique sur la réutilisation des PC « dépassés » mais qui pourraient servir encore des années pour des particuliers aux besoins informatiques limités, le chagrine. Alors il a décidé d'agir. 

Un cycle vertueux

Se disant relativement peu sensible aux « machins » publics visant à sensibiliser le public et les entreprises à l'économie circulaire et au recyclage, il avoue cependant avoir été séduit par l'approche de la Région bruxelloise en la matière. « J'ai lancé dans ce cadre un projet, Genius Cycle (http://fr.geniuscycle.be/), soutenu par BeCircular (http://www.circularprojects.brussels/), qui vise à réutiliser une partie des composants d'ordinateurs qui finissent chez nous avant de partir au recyclage. A l'analyse, avant de faire venir de Chine des composants neufs, il nous a semblé possible de conserver certains de ces composants fonctionnels et de les réutiliser au gré des besoins dans nos magasins. Dans notre secteur, le taux de réutilisation est de 15 %. Si nous pouvions le faire grimper à 20 %, ce serait un grand pas ».

Quels sont les composants concernés ? « Dans un premier temps, nous commençons par les écrans d'ordinateurs portables et leurs claviers. Evidemment, nous devons faire face au problème du stockage, et veiller à éliminer les composants les plus anciens au fur et à mesure ». Ceux-ci permettent de remettre en état des ordinateurs portables utilisables.

Améliorer l'offre

Il faudrait évidemment disposer d'une base de données pour que d'autres partenaires puissent se joindre à ce projet... « C'est une possibilité, mais elle nécessite un développement et un travail d'encodage coûteux », tempère Olivier Olbrecht. Ce n'est qu'un début.

Encourageant ? « Oui, parce qu'en parallèle à cet effort en interne, nous opérons un travail de recyclage avec un partenaire actif dans la formation et l'insertion professionnelle, CF2M. Et il faut savoir que 10 tonnes par an de recyclage de ce type permettent la création d'un emploi. Il y a donc là une richesse à exploiter localement. On sait aussi qu'un million d'ordinateurs portables dorment dans les armoires en Belgique... »

Reste à les faire émerger ! « C'est difficile parce que les propriétaires de PC craignent que des données sensibles se retrouvent dans la nature. C'est pourquoi nous avons formulé une proposition tenant compte de ce facteur. D'abord, nous détruisons les disques durs dans une presse spéciale qui rend impossible la récupération des données. Et nous le faisons devant les clients qui nous rapportent leur matériel. Ensuite, nous leur offrons un bon de 25 euros, et nous leur garantissons une réutilisation et un recyclage optimal en utilisant les services d'entreprises de proximité. Ce que nous tentons de faire, c'est de créer un réflexe en faveur de la réutilisation et du recyclage », conclut Olivier Obrecht.