Inspire

Se déplacer uniquement à vélo dans le cadre de son activité professionnelle, voila qui peut sembler quelque peu insensé, particulièrement lorsqu'il y a du matériel à transporter. Et pourtant, ils sont quelques-uns, à Bruxelles, à avoir tenté ce pari.

Il y a un an et demi, Gil et Xavier ont fondé "Cyclo Gardens". Ils sont jardiniers et se déplacent exclusivement en vélo à assistance électrique dans les rues de la capitale et de sa périphérie... "sauf exception, lorsque l'on doit évacuer de grandes quantités de déchets", admettent les deux trentenaires. Le chargement tient dans deux remorques, petites mais assez costaudes pour supporter des charges allant jusqu'à 120 kg. "Nous ne sommes pas 100% écolo mais nous tendons vers cela et nous inscrivons dans une dynamique de zéro déchet : on broie, recycle, composte ce qui peut l'être", explique le duo. Ils limitent autant que faire se peut l'usage des machines alors que celles-ci fonctionnent sur batterie. L'avantage est de réduire tant la pollution environnementale que sonore.

© VVVy

Gil et Xavier ont fondé Cyclo Gardens, une entreprise de jardinage à vélo. Si le concept existe déjà en Flandre, ils sont les premiers à l'avoir lancé à Bruxelles. Et espèrent en inspirer d'autres.

"Je sentais l'impact du travail sur ma santé, que j'attribue aux gaz d'échappement et au bruit quasi constant des machines", soulève Gil. Jardinier dans un grande entreprise, il nourrissait l'envie de changer de mode de vie. En recherche de projet, le hasard lui a fait découvrir l'initiative de déménageurs à vélo à Montréal. "S'ils pouvaient le faire, pourquoi pas moi ?'", se demande alors le jeune père de famille. Xavier aussi, cherchait à donner un tournant à sa vie professionnelle. Venant de la grande distribution, il n'était pas vraiment prédestiné au jardinage. Mais Gil l'a embarqué dans le projet et, à deux, ils se sont lancés dans l'aventure, bien aiguillés par un incubateur flamand "...". Leur volonté de "revenir à une vie simple et de ménager du temps pour (leur) famille", n'empêche pas que leur activité soit "viable, rentable et compétitive sur le marché".

Leur originalité attire l'attention et constitue leur marque de fabrique. "On est plus flexibles et l'avantage de travailler localement est de gagner de temps. Un temps précieux que nous utilisons pour tisser des liens avec les gens." Car ce qui leur importe, au-delà du service rendu, est la rencontre et réseaux qu'ils créent et entretiennent avec leurs clients, les partenariats qu'ils nouent avec les commerçants et petits artisans. "Comme avant !", commente Gil. Et les deux jardiniers de rivaliser d'anecdotes : perte de chargement et autres chutes animent aussi leur quotidien. "Ces petites mésaventures sont dues aux problèmes d'infrastructures", justifient-ils. Dans ce domaine-là, ils soulignent - comme beaucoup d'autres  - qu'il y a encore des progrès à faire. A l'instar du matériel, qu'ils sont allés chercher en Allemagne, et qui "ne fera que faciliter ce genre d'initiative, dans tous les domaines", prédisent-ils.

Si, aujourd'hui, le concept est accueilli favorablement, cela n'a pas toujours été le cas. "Dans le métier, on faisait rire. 'Qui sont ces deux guignols à vélo ?', entendait-on." Les clients aussi, se montraient sceptiques. "Mais le travail était bien fait. Et puis, il y a une part didactique puisqu'on leur explique comment nous travaillons pour limiter la production de déchets. J'aime transmettre un savoir", conclut celui qui espère que d’autres profiteront du vent favorable pour prendre sa roue.

Pour en savoir plus sur Cyclo Gardens : http://www.cyclogardens.be/

Ce samedi, pour ouvrir la semaine de la mobilité, deux "cyclo-familles" témoignent dans les pages d'Inspire !