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Le "vélopartage" est né et fait des émules à Strasbourg et à Paris.

Près de 20 millions de vélos individuels sont peu ou pas du tout utilisés en France sur un parc en avoisinant 26 millions. Dans une logique d'économie circulaire, c'est autant de cycles qui pourraient (devraient) être valorisés. A contrario, les communautés locales investissent de plus en plus dans des infrastructures « vélo-friendly » afin d'en encourager l'usage. Voilà le constat que dressait il y a quelques mois Fabrice Vincent, fondateur de "Bikerr". Il n'en fallait pas plus à ce passionné de deux roues pour lancer sa plateforme de partage de vélos. Celle-ci met en contact des particuliers : propriétaires de vélos désireux de leur donner une seconde vie et potentiels locataires. « Le but est de créer un écosystème qui favorise le partage. Il y a 20 ans, un tel projet n'aurait pas été possible », explique-t-il. S'inscrivant dans une logique collaborative, Bikerr dépend effectivement largement des nouvelles technologies et des médias sociaux tant pour mettre les gens en réseau que pour se faire connaître des utilisateurs.

Lancée à l'automne 2016 à Paris – pour sa capacité d'attraction- et à Strasbourg -notamment pour sa culture du vélo, elle compte aujourd'hui plusieurs centaines d'inscrits. Et ne demande qu'à grandir, dans la capitale, pour s'imposer comme complément et alternative au Vélib parisien, l'équivalent français du Villo bruxellois. En plus d'être « très onéreux pour le contribuable et l'usager et inadapté à une utilisation de longue durée, particulièrement celle de touristes », le vélo public parisien ne permet qu'un « usage fonctionnel » dû au fait qu'il est « unique, standard et lourd ». Le projet Bikerr se distingue quant à lui par la variété des modèles proposés qui répondent à une diversité d'usages.

En optimisant et en valorisant les ressources existantes, la plateforme de "vélopartage" suit une logique de lutte contre le gaspillage et s'inscrit dès lors dans celle d'une consommation responsable. « Les vélos existent. Pourquoi en fabriquer de nouveaux ? interroge Fabrice Vincent. Le partage mène à un usage plus intelligent des biens que nous fabriquons en trop grande quantité et qui restent largement sous utilisés ». Les bénéfices sont par ailleurs nombreux en terme d' « efficacité en ville, de qualité de vie, de sécurité mais aussi de pouvoir d'achat ».

Favoriser la cohésion sociale

Qui dit mise en réseau et partage dit aussi rencontre et lien social. « D'un point de vue pragmatique, il est dans notre intérêt de favoriser la création de liens de confiance pour sécuriser et faire grandir notre communauté », admet Fabrice Vincent. S'il n'estime pas en faire son cheval de bataille, il lui semble évident que son projet « favorise la proximité et renforce la cohésion ». Le propriétaire a pour rôle de donner des conseils sur sa ville et aiguiller le locataire. Exit donc l'usage impersonnel. A la manière du AIRB&B, « plus personne n’a envie d’aller dans un hôtel lorsqu’il visite une ville mais préfère dormir dans l’appartement d’un local, idem pour le vélo », explique-t-il pour illustrer son propos.

Bikerr pourrait raisonnablement s'exporter au-delà des deux villes auxquelles il est jusqu'à présent circonscrit. Un partenariat a été noué avec une société d'assurance active sur l'entièreté du territoire français.


Vous souhaitez vous en inspirer ? Rendez-vous sur le site de la startup www.bikerr.fr