Planète

La Belgique va étudier les possibilités de dérogation et rentrer un dossier auprès de la Commission européenne après la décision du comité d'experts qui a décidé vendredi d'interdire à partir de janvier 2019 trois pesticides néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles, a indiqué vendredi le ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme. 

Le ministre MR était partisan d'une interdiction moyennant une période de transition pour les filières betterave et chicorée. Cette position n'a pas été suivie vendredi par le comité d'experts qui s'est prononcé d'une courte tête en faveur d'une interdiction pure et simple. La Belgique s'est abstenue.

M. Ducarme souligne la sensibilité particulière du dossier pour la Belgique, singulièrement pour le secteur de la betterave, qui représente 10% des surfaces cultivées dans le pays et 8.000 emplois. Selon lui, la Belgique est en outre le seul pays européen a être frappé sur la quasi-totalité de son territoire par la jaunisse des pucerons qui peuvent aujourd'hui être éliminés par les insecticides. Aux Pays-Bas, par exemple, ce ne sont que certaines poches qui sont contaminées, précise-t-il.

Selon le ministre Ducarme, les possibilités de dérogation à la décision du comité d'experts existent, conformément au droit européen, alors que la molécule restera disponible. "On peut envisager une utilisation en cas d'urgence pendant 180 jours pour la betterave, par exemple", explique-t-il.

"Le problème est qu'aujourd'hui, il n'existe pas d'alternative crédible aux néonicotinoïdes, ce qui est également souligné dans la proposition de loi Ecolo", a-t-il répété. "Je ne lâche pas le morceau", a-t-il assuré.

Pour cette année, le problème ne se posera pas. Les graines pour la betterave ont déjà été plantées.