Planète

Le Sud-Coréen Hoesung Lee a été élu à la présidence du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), a annoncé mardi soir l'institution dans un communiqué. Le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele figurait parmi les six candidats à la présidence. Les deux hommes assuraient jusqu'ici la vice-présidence. Fondé en 1988, le Giec évalue de manière objective les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles en rapport avec la question du changement climatique. Le nouveau président a été élu par les 195 pays membres réunis à Dubrovnik en Croatie.

Le Groupe d'experts avait annoncé en février la démission de son président, l'économiste indien Rajendra Pachauri, objet d'une plainte pour harcèlement sexuel. L'intérim était assuré par le Soudanais Ismail El Gizouli.

Professeur de climatologie à l'UCL, M. van Ypersele s'était déclaré fin septembre "très confiant" sur ses chances d'être élu, après sept ans de vice-présidence. Ce neveu de l'ex-chef de cabinet du Roi bénéficiait du soutien total de la diplomatie belge, qui l'avait aidé dans sa campagne.

Outre le Sud-Coréen et le Belge, l'Américain Christopher Field, de l'Université Stanford (Californie), le Suisse Thomas Stocker, co-président du groupe de travail I du Giec sur les bases scientifiques des changements climatiques, l'Autrichien Nebojsa Nakicenovic et le Sierra-Léonais Ogunlade Davidson lorgnaient la présidence.

Selon l'Université de Berne, M. Lee a obtenu 78 voix au second tour de scrutin, contre 56 pour le Belge. Le Sud-Coréen était déjà arrivé largement en tête du premier tour, avec 45 voix, contre 32 pour son rival belge et 30 pour le candidat suisse.

Le Giec a pour mission de fournir des évaluations détaillées de l'état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Il a établi cinq rapports d'évaluation multivolumes, dont le dernier, datant de novembre dernier, met davantage l'accent sur l'évaluation des aspects socio-économiques du changement climatique et ses répercussions sur le développement durable, ainsi que sur les aspects régionaux, la gestion des risques et l'établissement d'un cadre d'intervention fondé sur des mesures d'adaptation et d'atténuation.


Réaction du climatologue belge


« J’avais dit : la présidence ou rien. Je quitte donc le Giec (voir tous les détails ici), confirme-t-il au Soir.J’espère avoir à un moment donné l’opportunité de servir la communauté internationale, même si je ne sais pas encore comment ».