Planète

Suite à l’article paru dans les éditions de la "Libre Belgique- pages Planète", le 22/03/2013, sous le titre "L’eau de Spa et l’ultime risque de contamination", les utilisateurs de l’aérodrome de Spa, à savoir "Skydive" (parachutisme), le "RAPCS" (Royal Aéro Para Club de Spa) et le "PAPAS" (propriétaires privés des avions) adressent le droit de réponse suivant. Dans cet article, M. Marc du Bois, administrateur délégué de la société "Spadel" (eaux de Spa) évoque les normes environnementales drastiques et la mise en place de règles scrupuleuses par rapport au traitement de l’eau fournie par les sources, notamment au niveau de l’écosystème. "Une goutte d’hydrocarbure, explique-t-il ainsi, peut polluer 1 000 litres d’eau."

Raison pour laquelle les activités autour de l’aérodrome de Spa sont visées mais sur base d’éléments que nous contestons avec vigueur. Ainsi, après le crash d’un avion en 1995, "des centaines de litres de kérosène se seraient déversées dans la zone protégée et il était interdit de toucher aux lieux", dit encore M. du Bois. C’est faux. L’avion en question a entièrement brûlé et après l’enlèvement d’une couche superficielle de la terre, la nature a repris rapidement ses droits. La seule pollution fut atmosphérique, vu la combustion du kérosène. Cet avion n’a donc jamais perdu de carburant. Cet événement, remonte à l’année 1995 (il est tout de même curieux de s’en offusquer 18 ans plus tard) et il demeure très précis dans nos esprits : la zone du crash était absolument accessible - il n’était donc pas interdit de toucher aux lieux - puisque l’accident se produisit à quelques mètres de la nationale qui relie Spa à Francorchamps ! L’article indique également qu’en 1998, "un hélicoptère se crashe à nouveau". Il suffisait de recouper ses sources et de constater que cet hélicoptère de la firme Héli and Co s’est posé, c’est tout de même assez différent, dans la zone et a ensuite basculé car le terrain n’était pas suffisamment stable. L’intervention sur le terrain a été immédiate. Troisième contrevérité : en 2008, un petit avion aurait lâché 190 litres de kérosène dans la nature. Il s’agissait d’un avion de type Cessna 150 qui volait vers Charleroi et qui a fait un atterrissage forcé dans la Fagne. L’aérodrome de Spa n’était pas concerné par ce trafic de transit. Pour information, la quantité de fuel maximum (AVGAS, de type volatile) et non de kérosène est de 49 litres dans chacun des deux réservoirs. Aucun d’eux n’était endommagé. S’il y eut une légère perte d’essence, elle ne put se produire que par les bouchons de réservoir. "A chaque fois, ajoute M. du Bois, on a pu éviter la contamination." Nous confirmons : notre organisation en matière de sécurité et de respect de l’environnement est magistrale. Sur ces 18 dernières années, nous avons déploré trois incidents et un accident, réel celui-là, avec mort d’homme lors du crash d’un Pilatus qui a entièrement brûlé et n’a pas eu le temps de contaminer le terrain. Enfin, lorsque M. du Bois évoque le fait qu’avec un simple risque de contamination, plus personne n’aurait acheté une bouteille de Spa et que, en corollaire, l’entreprise pouvait mettre la clé sous la porte et licencier 600 personnes, les utilisateurs de l’aérodrome de Spa (qui donne de l’emploi à une quarantaine de personnes !) s’inquiètent des amalgames clairsemés sur 18 années d’activités, des imprécisions notoires diffusées dans l’article sus-mentionné.

Sous le coup d’une fermeture temporaire, l’aérodrome de Spa aimerait dès lors que d’autres enquêtes sur les risques de contamination des sources soient évoquées par Spadel : quelles conséquences, lorsque se produisent des accidents, très fréquents, de voiture sur la route de Malchamps (le dernier en date a eu lieu ce 21 mars) ? Quelles sont les incidences de pollution par rapport aux centaines de camions utilisés par la société ? Quid des bûcherons, des engins de débardage ou agricoles, voire encore d’un célèbre rallye automobile ? Que dire aussi d’un pipeline de l’Otan, actif, qui fournit le carburant à divers aérodromes civils et militaires (bases de l’armée américaine en Allemagne entre autres) et qui passe dans la zone de protection à quelques centaines de mètres de l’aérodrome. Le débit moyen de ce pipeline est de 6 000 litres à la minute. Que représente le risque d’un accident de petit avion, aisément maîtrisable, face à ce pipeline de l’Otan, qui débite 500 mètres cubes de kérosène à l’heure et qui pourrait provoquer une contamination par le sol bien plus grave ?