Planète

Adieu pailles, assiettes, couverts et touillettes en plastique, ballons à tige plastique et autres cotons-tiges… Leur interdiction dans l’Union européenne n’est pas encore acquise, mais le but est qu’elle le soit en 2021.

Un premier pas important vient d’être franchi ce mercredi au Parlement européen, lors d’une plénière strasbourgeoise où a été voté le rapport de l’eurodéputée libérale belge Frédérique Ries. Consacré à un projet de directive visant à réduire “l’incidence des produits plastique à usage unique sur l’environnement”, il a récolté 571 voix pour, 53 contre et 34 abstentions. Un franc succès.

Soutien des ONG

Derrière la formulation technocratique du texte se cache un objectif concret : “Stop” à la société du “tout jetable” qui transforme les océans en “ultime poubelle”. Un mot d’ordre partagé dans l’hémicycle mais aussi au-delà. “On a vraiment été encouragés, raconte Frédérique Ries. Jamais dans ma carrière d’eurodéputée, je n’ai vu une directive soutenue à ce point par les opinions publiques et les ONG.”

L’enjeu est crucial. Chaque année, en Europe, 150 000 tonnes de plastique sont déversées en mer, ce qui représente 80 % des déchets marins. Un chiffre d’autant plus préoccupant qu’à cause de sa très longue durée de décomposition, ce plastique s’accumule dans les mers, les océans et les plages de l’Union européenne et du monde entier.

Interdiction pour certains produits

Pour agir, l’Union européenne s’attaque donc aux produits à usage unique qui correspondent à 70 % des 80 % du total des déchets plastique. L’interdiction est prônée pour certains. A la liste déjà proposée par la Commission européenne, les eurodéputés ont ajouté les emballages de fast food en frigolite et les “oxoplastiques”. Présentés comme “biodégradables” – “une sémantique trompeuse”, selon Frédérique Ries –, ceux-ci se fragmentent sous l’effet de la lumière en microplastiques ingérés par les animaux et, in fine, par l’homme.

Réduction pour d’autres

Pour d’autres produits plastiques à usage unique, l’alternative n’existe pas et c’est une réduction d’au moins 25 % d’ici 2021 qui est réclamée par le Parlement européen. Parmi ces produits, on trouve les emballages à usage unique pour les sandwiches, les fruits, les légumes, les desserts et les glaces. Ce sera aux Etats membres de proposer des plans nationaux pour encourager le recyclage et la récupération voire le développement d’emballages à usage multiple. Pour les bouteilles, l’objectif est de les collecter séparément et de les recycler à 90 % d’ici 2025.

Les filtres à cigarettes aussi

Le projet de directive inclut aussi les filtres à cigarettes contenant du plastique. Particulièrement nocif puisque chaque mégot jeté sur la voie publique peut polluer entre 500 et 1 000 litres d’eau, il est classé deuxième sur le podium des produits plastique à usage unique les plus jetés. Après les bouteilles d’eau et avant les cotons-tiges. En ce qui concerne ces filtres, les industriels du tabac devront couvrir les frais engendrés par leur collecte, leur transport et leur traitement. Un principe de « responsabilité élargie des producteurs » qui devrait également être appliqué aux fabricants d’engins de pêche.

Espoir d’emplois verts

« Car cette pollution plastique a un coût estimé à 22 milliards d’euros d’ici 2030, précise Frédérique Ries, le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer. » L’impact de la directive est donc aussi économique. Elle peut réduire les frais d’une pollution environnementale à la réalité criante, elle peut aussi être source d’opportunités pour l’innovation et l’emploi. « Plus de 50 000 emplois pourraient être créés à terme », dit la rapporteure, nous travaillons pour l’avenir ».