Planète

La Commission européenne s'est accordé mercredi matin sur une proposition de réduction accrue des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. L'exécutif européen a proposé d'atteindre la neutralité carbone à cette échéance. "Nous avons tous les outils pour une Union européenne climatiquement neutre. En devenant la première économie majeure à s'engager pour la neutralité climatique, notre industrie serait en mesure d'obtenir l'avantage du premier arrivant", avait déclaré dès mardi soir Miguel Arias Cañete, le commissaire espagnol à l'Energie.

Il ne s'agit toutefois pas d'une proposition législative, mais d'une vision stratégique, supportée par une analyse détaillée, sur la façon dont l'Europe peut appliquer l'Accord de Paris, précise la Commission.


Jusqu'ici, dans la feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050, qui date de 2011, l'Union européenne s'était engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80% à 95% en 2050 par rapport aux niveaux de 1990.

Mais les accords de Paris sont passés par là, renforçant la nécessité d'accroître l'ambition afin de contenir le réchauffement climatique à +1,5°C au lieu de +2°C. Le Giec estime que cet objectif n'est atteignable qu'en visant la neutralité carbone.

Selon la stratégie de la Commission publiée par Euractiv ce matin, les capitales européennes auront le choix entre 8 différents scénarios qui s'étalent du "business as usual" à l'option "réduction à zéro" des émissions. L'Accord de Paris oblige ses signataires à finaliser leur plan à long terme pour 2020.

Mais pour le commissaire européen à l'Energie, "la neutralité climat est bien sûr l'option que nous préférons. C'est faisable et nécessaire", a-t-il déclaré à Euractiv. Dans les mois qui viennent, les scénarios doivent être étudiés en détail, de sorte que nous atteignions zéro émission de la manière la plus efficace au niveau coût."

"Investir 0, 8 % du PIB en plus que ce que nous faisons déjà permettrait de décarboner complémentent l'Union européenne", affirme le vice-président de la Commission Maros Sefkovic. Selon la Commission, les projections prévoient en tous cas que la transition stimulera la croissance et l'emploi, avec un impact de plus de 2% sur le PIB d'ici 2050. L'exécutif européen indique qu'une série de technologies nouvelles et existantes seront nécessaire pour atteindre la neutralité carbone. "Ces technologies sont à différents niveaux de développement et de déploiement. Un effort massif en matière de recherche et d'innovation, construit autour d'une stratégie de recherche et d'innovation cohérente, ainsi qu'un agenda d'investissement seront nécessaires dans l'Union européenne, dans les vingt prochaines années, afin de rendre les solutions bas et zéro carbone économiquement viables", explique la Commission, qui détaille les étapes (dans l'infographie animée ci-dessous) de la "route vers la neutralité climat".


"Il importe maintenant que les États membres soutiennent cette vision à long terme de la Commission", a souligné pour sa part dans un communiqué l'eurodéputés belge Kathleen Van Brempt (sp.a). Elle insiste sur l'implication des citoyens dans la nécessaire transition énergétique, afin qu'elle reste équitable au niveau social.

De son côté, le Centre national de coopération au développement, a également réagi, regrettant l'attitude de la Belgique dans le domaine : « Si on peut se réjouir que l’Europe mette en route la machine de l’ambition climatique, on en attend au moins autant de la part des États membres. Il est grand temps que la Belgique suive le mouvement et sorte de son mutisme. Une quinzaine d’Etats européens soutiennent une déclaration initiée par la présidence autrichienne pour un rehaussement des ambitions européennes, mais la Belgique n’en fait pas partie. C’est inadmissible. Nous exigeons de notre gouvernement qu’il rejoigne les pays européens les plus ambitieux pour renforcer l’action climatique et atteindre les objectifs de Paris », déclare Rebecca Thissen, chargée de recherche au CNCD. 11.11 11.