L’ULg va créer une spin-off d’agriculture urbaine

Frédéric Chardon Publié le - Mis à jour le

Planète

Il y a une vie après la sidérurgie C’est le pari que prend l’université de Liège (ULg) : vu la mort définitive de la "phase à chaud" d’ArcelorMittal en région liégeoise, le recteur de l’ULg, Bernard Rentier, a réuni toutes les facultés pour cogiter sur une reconversion économique pour les bâtiments ainsi laissés à l’abandon.

Résultat : le projet "Verdir", qui va permettre de reconvertir ces sites en pleine agglomération urbaine en zones agricoles et piscicoles. Et qui va peut-être aussi créer de la richesse grâce à une exploitation commerciale prometteuse.

Concrètement, ArcelorMittal a mis à la disposition de l’ULg deux bâtiments désormais inutilisés (à Chertal et à Flémalle). "On va greffer à l’intérieur de ces bâtiments des structures autoportantes sur plusieurs étages pour y faire de la culture maraîchère et pour cultiver des plantes qui ont de la valeur pour les composants pharmaceutiques qu’elles contiennent, explique Bernard Rentier. Ce sont des productions qui seront cultivées par notre faculté de Gembloux. Le projet va aboutir dans le courant 2013". Pourquoi faire de l’agriculture en hauteur et non au sol ? Tout simplement parce que les terres locales sont extrêmement polluées et chargées en métaux lourds...

Attention, ArcelorMittal ne fait pas que mettre ses locaux (d’anciens halls de stockage mais pas les hauts fourneaux) à la disposition de Verdir. "En effet, complète le recteur, Arcelor a aussi développé un acier de haute technologie dans son centre de recherche basé à Liège. Cet acier, aux propriétés spéciales, émet de la lumière grâce au passage d’un courant électrique à basse tension. Des plaques de cet acier seront fixées au plafond des structures agricoles pour apporter de la lumière aux plantes."

Une place pour les tilapias

Le projet Verdir repose aussi sur de l’aquaponie, c’est-à-dire la culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons. "Dans le cadre d’un cycle fermé, les plantes vont produire ce dont les poissons auront besoin (alimentation) et les poissons apporteront aussi aux plantes des choses dont elles ont besoin (de l’engrais via les déjections). Notre station d’aquaculture qui existe depuis 30 ans à Tihange (élevage de tilapias, etc.) va en effet devoir être fermée : un mur anticrue va être érigé autour de la centrale nucléaire. Donc, en 2013, on doit quitter cet endroit et trouver une nouvelle base d’aquaculture. On l’a donc intégrée dans le projet Verdir".

Pour concevoir le projet, toutes les disciplines universitaires ont été impliquées car Verdir ne relève pas que des "sciences dures" : des sociologues, des juristes, des architectes, etc., ont également planché sur la question. "On ne peut pas lancer ça en ville si on n’a pas l’adhésion de la population environnante."

Business is business

Bref, tout cela est bien joli mais l’ULg a aussi des objectifs de rentabilité. "L’idée est de reproduire ce système dans les friches industrielles de l’axe Sambre-et-Meuse et même un peu au-delà dans les pays voisins. Il y a une idée commerciale derrière tout cela : il y aura probablement une spin-off de l’université. Mais on ne compte pas faire ça seul : on aura besoin de l’appui des autorités publiques, d’investisseurs privés Rien que les coûts de réhabilitation des bâtiments sont déjà énormes !"

Publicité clickBoxBanner