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La Belgique a répondu "favorablement" à la demande de la Cour pénale internationale (CPI) d'accueillir l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba et s'apprête à le recevoir dans les prochains jours, a indiqué jeudi soir son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

"Les autorités belges ont répondu favorablement à la demande de la Cour de permettre le séjour de Monsieur Bemba en Belgique, où réside sa famille, suite à sa mise en liberté provisoire", a expliqué M. Reynders dans un communiqué, précisant que les démarches pratiques seraient effectuées "dans les jours à venir". Jean-Pierre Bemba a été acquitté en appel par la CPI de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

La Cour pénale internationale (CPI) avait ordonné mardi la libération provisoire de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté en appel, à la surprise générale, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

"La chambre de première instance VII de la Cour pénale internationale a ordonné la mise en liberté provisoire sous conditions spécifiques de M. Jean-Pierre Bemba", selon un communiqué.

Ancien riche homme d'affaires devenu chef de guerre puis vice-président, le Congolais avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison, la peine la plus lourde jamais imposée par la CPI, pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003.

Toutefois, sa mise en liberté provisoire a été ordonnée sous des conditions spécifiques: bien qu'acquitté vendredi dans un revirement de situation extraordinaire devant la Cour basée à La Haye, le Congolais n'avait pas été libéré en raison d'une affaire, toujours en cours, de subornation de témoins dans le cadre de son principal procès.

Il doit "s'abstenir de faire des déclarations publiques sur cette affaire, ne pas changer d'adresse sans préavis, ne contacter aucun témoin et se rendre immédiatement aux autorités compétentes si la Chambre de première instance l'exigeait", a énuméré la CPI.

Les juges étudient désormais la condamnation de M. Bemba en mars 2017 dans cette affaire annexe à un an de prison et 300.000 euros d'amende. La sentence définitive dans cette affaire est attendue le 4 juillet.

Mais comme il a déjà purgé 80% de la peine maximale possible, les juges ont considéré qu'il était disproportionné de continuer la détention de M. Bemba uniquement pour s'assurer qu'il comparaisse pour le prononcé de la peine.

"La chambre de première instance considère que les conditions juridiques d'un maintien en détention ne sont pas remplies", a indiqué le juge Bertram Schmitt.

Arrêté en 2008, l'ancien chef de guerre a passé la dernière décennie dans le centre de détention de la CPI situé dans le quartier balnéaire de La Haye.