Planète

Il prétend qu’il ne rêve pas. Que sur Terre ses nuits sont noires et son sommeil plombé. Quand il flottera en apesanteur, dans un univers où haut et bas n’ont plus cours, où les liquides bullent comme le whisky du capitaine Haddock, où la moindre miette devient danger à aspirer au plus vite, son imaginaire reprendra-t-il le pouvoir ? Le 17 novembre, à 21h20, le Français Thomas Pesquet, à bord du Soyouz, décollera du Kazakhstan, pour rallier la Station spatiale internationale (ISS) en moins de six heures. Dans le vacarme du décollage, assis à la gauche du Russe Oleg Novitski et de l’Américaine Peggy Whitson, le copilote, sélectionné pour sa résistance au stress et son moral d’acier, larmoiera en catimini.

Parmi 8 413 candidats

"C’est une expérience sentimentale d’être dans l’espace, de voir la Terre d’en haut. Et l’aboutissement de longues années de préparation…" Ce Normand a été sélectionné en mai 2009 pour entrer dans le corps des astronautes européens. Sur 8 413 candidats, l’Agence spatiale européenne n’en a retenu que six dont Thomas Pesquet, le dernier à voler. "Thomas avait tout de bon", déclare l’astronaute Jean-François Clervoy, qui faisait partie du jury de sélection. "Il est très performant intellectuellement, comprend et raisonne très vite, a une très bonne mémoire. En outre, il adore communiquer et le fait très bien."

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