Planète Depuis 1896, le centre d’aide sociale Lenox Hill Neighborhood House rend service aux habitants de ce quartier de l’est de Manhattan. Cette année, l’immeuble centenaire s’est doté d’un toit vert de 220 m². En plus des activités de plein air qui y sont organisées, ce jardin urbain capte jusqu’à 17 000 l d’eau de pluie lors des orages. Un effort parmi d’autres pour réduire la pression sur le système d’évacuation des eaux usées de la ville et la pollution du port. C’est l’un des "Dirty Secrets" de New York : un réseau commun de canalisation entre les eaux usées et les eaux de pluie. En cas de fortes averses, le surplus souillé est déversé directement dans l’East River et la Hudson River, quasiment aux pieds de la statue de la Liberté.

Depuis le lancement en 2007 d’un plan de protection de l’environnement ambitieux, le PlaNYC 2030, par la mairie de New York, la qualité des eaux du port est retournée à ce qu’elle était… il y a cent ans. Avec 132 initiatives, le PlaNYC 2030 a pour ambition de faire de NYC "la première ville durable du XXIe siècle" .

L’objectif principal : la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % en 2030 par rapport à leur niveau de 2005. En 2013, ce but était à moitié atteint avec une réduction des GES de 16 % à l’échelle de la mégapole. Comment ? Grâce à des objectifs clairs, des audits réguliers et une obligation de résultats qui ont désormais force de loi. Le plan a été placé directement sous la responsabilité du maire adjoint de la ville et constitue une priorité de l’administration Bloomberg. "Ce n’est pas seulement une série de programmes qui disparaîtront avec le départ du maire. Le plan fait désormais partie de la politique municipale" , explique Steven Cohen, directeur du centre pour l’environnement et le climat "Earth Institute" à l’Université de Columbia à New York.

Réduction de 5 % des GES

La mise au vert des bâtiments les plus emblématiques n’est qu’une partie de ces grands travaux. La réglementation "Greener, Greater Buildings Plan" sur le réaménagement des immeubles prévoit une réduction de 5 % des GES d’ici 2030, des économies d’énergie estimées à 7 milliards de dollars et la création de 17 800 emplois. La municipalité montre l’exemple, en consacrant 10 % de son budget Energie au développement de projets durables, comme celui de la Lenox Hill Neighborhood House ou des méthodes de chauffage plus propres. Dans le secteur privé, l’Empire State Building fait figure de symbole : l’immeuble datant de 1931 a entrepris en 2010 sa conversion écologique, dans le but de réduire de 38 % sa dépendance énergétique. Il est par ailleurs le plus important utilisateur d’énergies renouvelables de New York.

Nouvelle génération de gratte-ciel

Une nouvelle génération de gratte-ciel verdit le macadam en adoptant le label environnemental LEED. A commencer par l’immeuble de la maison d’édition Condé Nast à Times Square, suivi de la Hearst Tower de Lord Norman Foster, des locaux du "New York Times", de la tour Bank of America à Bryant Park et du One World Trade Center de David Childs. Pour Steven Cohen, "Michaël Bloomberg est en train de démontrer que le management durable n’est pas un concept marginal, mais une méthode promue par un maire et businessman pragmatique et accompli" .

Prévoyant une augmentation de la population d’un million de personnes d’ici 2030, le maire Bloomberg veut faire de la mégapole une ville plus attractive et agréable pour les nouvelles générations. Cet été, les New-Yorkais bénéficient pour la première fois d’un programme de partage de vélos et peuvent circuler sur plus de 500 km de pistes cyclables dans l’agglomération. La plantation d’un million d’arbres supplémentaires d’ici 2017 est en cours. Pour réconcilier les citadins avec leur environnement, la mairie se donne le défi d’installer des parcs à moins dix minutes à pied de leur domicile. L’administration est également responsable de l’introduction des moules au pied d’un "éco-parc", la East River Waterfront Esplanade, un des maillons d’un projet pharaonique de revitalisation des berges de New York. Un des grands défis au quotidien reste la gestion des ordures ménagères et des entreprises.

New York City génère quatorze millions de tonnes de déchets par an. Leur traitement est responsable de 4 % des émissions de gaz à effet de serre de la ville. Avec son programme de recyclage et de compost, PlaNYC prévoit de réduire la quantité de déchets destinée à la décharge de 75 % d’ici 2030. Steven Cohen applaudit cet investissement sur le futur, tout en reconnaissant ses limites. "Les grands changements doivent se produire aux plans national et international. Mais au niveau local, en matière d’efficacité énergétique, de la pollution de l’air et de l’eau, du transport, cette politique environnementale est certainement le mieux que l’on puisse faire."