La lutte contre le changement climatique passe par les forêts

afp Publié le - Mis à jour le

Planète La lutte contre le changement climatique gagne les forêts où les populations sont incitées à préserver ces précieux "puits de carbone" à travers des projets "pilotes", comme celui lancé en République démocratique du Congo avec l'argent du groupe Disney.

Des initiatives par projets qui toutefois, selon certains, ne règlent rien car elles reviennent à "mettre sous cloche" certaines forêts sans forcément éviter la destruction d'autres arbres plus loin.

Inciter financièrement les pays forestiers à conserver leurs arbres plutôt que des les livrer aux industriels du bois ou à l'agriculture: tel est le coeur du mécanisme REDD+, décidé en 2010, qui est actuellement affiné aux cours des négociations climatiques de Durban (Afrique du Sud).

Le déboisement génère en effet entre 15 à 20% des émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du changement climatique.

Avec 3,5 millions de dollars alloués par Disney, l'organisation Conservation International chapeaute un projet "pilote" autour de quelque 330.000 hectares de forêt, aux confins Est de la République démocratique du Congo.

Un projet qui, lancé en 2009, doit permettre de vendre à partir de 2013 des crédits correspondant aux tonnes de CO2 ainsi maintenues dans les forêts. Sur le terrain, il a d'abord fallu "sensibiliser" les communautés locales, souvent "impatientes" de voir arriver l'argent promis, puis évaluer le volume de carbone stocké dans la forêt, explique à l'AFP Benoît Kisuki-Mathe, directeur pour la RDC de l'ONG basée aux Etats-Unis.

Les discussions sont désormais en cours avec le gouvernement congolais pour évoquer la délicate question de "la clé de répartition" des revenus que généreront les crédits CO2 mis en vente.

Avec ce point essentiel mais toujours pas résolu: "Quel est le statut du carbone dans un pays, est-ce que le carbone est de droit à l'Etat, ou de droit aux communautés?", souligne le responsable du projet.

Outre la lutte contre les émissions de CO2, ce projet doit permettre d'améliorer le niveau de vie des habitants mais aussi de contribuer à la protection de cinq espèces animales: gorilles des plaines de l'Est, éléphants des forêts, chimpanzés à face claire, okapis et paons congolais.

C'est l'un des huit projets "pilotes" menés en RDC, deuxième "poumon vert" de la planète après l'Amazonie, qui doivent poser les bases de la "stratégie nationale" sur laquelle s'appuiera le futur mécanisme REDD+, selon l'ONG. Ce type d'approche "par projets" n'est toutefois pas pleinement satisfaisant, selon Jérôme Frignet de l'ONG Greenpeace.

"Ces projets, financés par des entreprises souvent polluantes, ne servent qu'à générer le plus vite possible des crédits de +déforestation évitée+ qui permettent ensuite à ces entreprises de communiquer sur le fait qu'elles compensent leurs émissions de CO2", regrette-t-il.

"Vous pouvez mettre sous cloche 250 hectares de forêts, mais qu'est-ce qui vous garantit que le déforestation ne s'est pas déplacée de 20 ou 50 km vers une foret qui n'est protégée?", lance-t-il.

L'approche nationale prévue par le mécanisme REDD+, qui fut l'une des grandes avancées de la conférence de Cancun (Mexique) fin 2010, "va certes prendre plus de temps mais est indispensable en matière d'efficacité et de pérennité."

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