Planète La pêche industrielle a vidé les mers et les océans. Selon la FAO, l’aquaculture est l’une des solutions préconisées pour reconstituer les stocks halieutiques. De nombreux pêcheurs ont aussi décidé de revenir à la pêche artisanale.

Lorsque l’aube se lève sur La Lanterne, le phare portuaire de la ville de Gênes, et que la mer est belle, Felice Mammoliti détache les amarres de son embarcation. Avec l’"Elma", un bateau d’un peu plus de six mètres seulement, il part relever les filets jetés la veille le long des côtes ligures. "Jusqu’en 2010, je possédais un bateau de 21 mètres, avec un équipage de neuf personnes, la nuit en saison, on sortait pour pêcher les anchois, mais surtout avec ce bateau que j’avais fait construire, nous sortions en journée pour pêcher le thon", raconte-t-il un peu nostalgique. "La pêche au thon c’est quelque chose d’unique, cela te donne une adrénaline incroyable, mais en 2009 l’Europe a fortement limité ce type de pêche et donc j’ai dû reprendre une petite barque pour des motifs économiques évidents. A contre cœur, j’ai vendu mon beau bateau en Albanie."

Au large de Nervi, il s’approche lentement du premier flotteur qui indique la présence de ses filets. "Le drapeau qui est attaché à mon filet porte le numéro de matricule du bateau, j’utilise un filet maillant, une méthode très antique de pêche. Avec ce filet qui ne fait qu’un kilomètre, quoi qu’il arrive tu prends toujours quelque chose", explique cet homme d’une cinquantaine d’années, dont la peau est burinée par le soleil et le vent, en tirant sur la corde pour l’installer sur la poulie attachée à l’embarcation.