Planète

Après près de sept mois de voyage interplanétaire, la sonde de la Nasa InSight a atterri lundi à la surface de Mars, ayant survécu à la traversée de l'atmosphère de la planète rouge, a confirmé la Nasa depuis son centre de contrôle de Pasadena en Californie.


"Atterrissage confirmé!" a annoncé la contrôleuse. Les ingénieurs et scientifiques de la Nasa ont immédiatement laissé éclater leur joie. InSight transporte notamment un sismomètre développé par le Centre national d'études spatiales en France. Les scientifiques de l'Observatoire royal de Belgique analyseront ses données, ainsi que celles d'un autre instrument.

Quelques minutes plus tard, InSight a envoyé sa première photo prise depuis la surface de la planète, une image brumeuse, sans doute assombrie par le nuage de poussières créé par l'impact, mais où l'horizon est visible.


Les informations ont été retransmises en quasi-direct par deux microsatellites CubeSats qui ont accompagné InSight durant le voyage, et ont servi de relais vers la Terre.

Sept ans de travail, sept mois de voyage dans l'espace et sept minutes d'angoisse: la sonde américaine InSight a enfin touché lundi la surface de la planète Mars à l'issue d'une descente à haut risque. La confirmation est tombée à 20 heures 54 environ, à l'heure prévue. InSight devait aborder l'atmosphère de Mars à 19h47 GMT (20h47 heure belge).

Un peu plus tard, la Nasa communiquait une deuxième photo, plus nette. L'image a été prise par le bras robotisé de la sonde et montre les instruments dans leur "nouvelle maison", la planète Mars.

© Nasa

Une descente à haut risque

Les ingénieurs de la Nasa qui suivaient l'opération depuis la Terre ne pouvaient rien faire d'autre que croiser les doigts: de l'entrée dans l'atmosphère martienne et ses tempêtes de poussière jusqu'au contact des pieds avec la roche, tout avait été pré-programmé plusieurs heures à l'avance. Mais toutes les étapes se sont déroulées parfaitement. "C'était intense ! Quel jour magnifique pour la Nasa", a réagi l'administrateur Jim Bridenstine, qui a reçu les félicitations du vice-président Mike Pence, juste après l'atterrissage.


"Avec Mars, rien n'est jamais acquis. Mars est difficile", résumait encore dimanche Thomas Zurbuchen, chef du directorat scientifique de la Nasa, l'agence spatiale américaine qui a approuvé cette mission de près d'un milliard de dollars qui doit étudier les entrailles de la planète rouge.

C'est la première fois depuis 2012 qu'un engin tentait de se poser sur Mars, depuis le véhicule Curiosity de la Nasa, le seul encore actif sur cette planète voisine de notre Terre. Seuls les Etats-Unis ont réussi à y poser des robots. L'URSS a écrasé plusieurs atterrisseurs, tout comme les Européens, tout récemment en 2016.

Les centaines d'ingénieurs et de scientifiques américains et européens qui travaillent depuis sept ans sur InSight ont dû attendre de longues minutes le premier signal envoyé par l'atterrisseur, preuve qu'il est intact et bien d'aplomb sur ses trois pieds.

Dernière étape cruciale: le déploiement, très lent, des deux panneaux solaires de l'engin qui alimenteront ses instruments en énergie. Dans la nuit, la Nasa a indiqué que la sonde robotisée communiquait bien avec le satellite de relais en orbite autour de Mars, et que les panneaux solaires étaient bien en train de se déployer.


Gros boulot en vue

Car un programme de travail chargé attend la sonde.

Elle doit écouter l'intérieur de Mars pour tenter de comprendre l'épaisseur et la composition du sol, de la croûte jusqu'au noyau, dont on ignore s'il est liquide ou solide. Des connaissances qui permettront de mieux comprendre la formation de la planète, il y a des milliards d'années, et par conséquent de la Terre, seule planète rocheuse dont nous avons réellement étudié l'intérieur jusqu'à présent.

"Nous avons atterri pour la huitième fois sur Mars avec succès. InSight va étudier l'intérieur de Mars et va nous fournir des connaissances scientifiques de grande valeur, alors que nous nous préparons à envoyer des astronautes sur la Lune, et plus tard sur Mars", a déclaré l'agence spatiale américaine. En conférence de presse, l'administrateur de la Nasa a souligné que les Etats-Unis étaient engagés à envoyer des humains sur Mars.