Planète

Avec le réchauffement du climat, la planète se rapproche de certains "points de bascule", changements abrupts qui "menacent la sécurité humaine", mettent en garde des chercheurs dans un rapport présenté lundi à l'ONU à la 23e conférence climat.

"La Terre approche de points de bascule du fait de pressions humaines", souligne cette synthèse réalisée par deux réseaux scientifiques internationaux, Future Earth et Earth League.

Fonte des calottes polaires, inversion des courants marins... sont autant d'événements à anticiper, en fonction de la hausse de la température mondiale.

"Nous ne devrions pas penser que le changement climatique se produira de manière progressive", préviennent les chercheurs. "Dans le passé, de larges pans du système terrestre, comme les calottes glaciaires, les forêts tropicales et les océans, se sont modifiés brusquement après de longues périodes de changement graduel".

"Depuis deux ans, des preuves se sont accumulées montrant que nous courons vers des +points de bascule+", souligne Johan Rockström, président de l'Earth League, pour qui "il n'y a pas de place pour l'autosatisfaction: le changement climatique est là, il est dangereux".

La communauté internationale s'est fixé, fin 2015 à Paris, l'objectif de rester sous 2°C voire 1,5°C de réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais à ce stade les engagements des pays conduisent plutôt à plus de 3°.

Selon les chercheurs, si la température gagne entre 1°C et 3°C, des seuils de bascule pourraient être franchis pouvant conduire à la perte de la banquise d'été en Arctique, la fonte de portions de la calotte du Groënland et de la calotte de l'ouest de l'Antarctique, la disparition de "nombreux" glaciers de montagne et récifs coralliens.

Entre 3 et 5°C, le monde pourrait voir l'Amazonie se transformer en partie en savane, les courants marins profonds affectant la météo des côtes nord-Atlantique se modifier.

"Certains faits liés au changement climatique tendent à se perdre dans le +bruit des délibérations, même dans un événement tel que le sommet climat de l'ONU", note Hans Joachim Schellnhuber, directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research. "Il est important de rappeler la raison pour laquelle des dizaines de milliers de personnes sont réunies à Bonn: un risque sans précédent pour l'humanité du fait du réchauffement climatique".

Cette mise en garde intervient le jour de la publication d'un bilan révélant la reprise des émissions mondiales de CO2, après 3 ans de stabilité.