La Wallonie au régime "low pesticides"

Gilles Toussaint Publié le - Mis à jour le

Planète

Il y avait des pesticides au menu du gouvernement wallon, ce jeudi. Celui-ci a en effet avalisé en première lecture un projet d’arrêté révisant l’utilisation de ces produits en Région wallonne.

Préparé par le ministre de l’Environnement Philippe Henry (Ecolo), ce texte vise en fait à mettre la réglementation en conformité avec une directive européenne de 2009 qui a pour objectif de "parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable" .

Logiquement, cette transposition devrait être effective depuis décembre 2011, mais la Wallonie enregistre un léger retard - c’est presque devenu une tradition. Celui-ci s’explique par les habituelles difficultés liées à l’éclatement des compétences entre Fédéral et Régions, explique-t-on au cabinet du ministre Henry. Mise en demeure par la Commission européenne en mars dernier, la Wallonie doit lui apporter des réponses convaincantes d’ici au 22 juillet. Le temps presse, donc.

Sur le fond, ce projet ne constitue pas une révolution, mais plutôt une approche pragmatique élaborée au terme d’une large concertation (avec les représentants de l’industrie, du monde agricole, des associations environnementales, des villes et communes, du cabinet de la ministre de la Santé Eliane Tillieux et de l’Agriculture Di Antonio ). Il repose sur une triple stratégie : des interdictions et des restrictions d’épandage; l’instauration de zones tampons pour la protection des cours d’eau et des mesures de prévention.

" A terme, l’idée est toujours d’aller vers des interdictions et des restrictions fortes de l’usage des pesticides, mais nous avons voulu avancer de façon progressive. L’utilisation des herbicides dans les espaces publics existe depuis 1984, mais dans les faits on peut observer que certaines communes continuent à y recourir. Contrôler ce genre d’interdiction est complexe quand les produits sont en vente libre , souligne le responsable du dossier au sein du cabinet de l’Environnement. Nous avons donc préféré la souplesse à une interdiction radicale et opté pour une phase de transition qui permet à ces changements de rentrer progressivement dans les mœurs. Nous sommes convaincus que la meilleure régulation possible est celle qui passe par le commerce, en veillant à ce qu’un certain nombre de produits qui sont actuellement autorisés ne le soient plus. "

Du pragmatisme, disait-on.

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