Le Brésil massacre ses Indiens guarani

ABONNÉSValentin Dauchot Publié le - Mis à jour le

Planète

Vous voulez que je vous parle de ma famille ? Mon grand-père a été assassiné, mon père a été assassiné, mon oncle a été assassiné… Au total, quinze personnes de mon entourage direct ont été assassinées", lance d’entrée de jeu Valdelice Veron. Le visage tendu, le poing serré, la jeune femme d’une trentaine d’années peine à contenir la colère qui l’anime. Nous la rencontrons à quelques mètres du Parlement européen, où elle vient tout juste de plaider auprès des eurodéputés pour l’adoption d’une résolution sur la survie de son peuple : les Guarani-Kaiowa. Cette communauté indigène de plus de 45 000 membres est installée depuis toujours dans l’Etat du Mato Grosso do Sul, une terre extrêmement fertile du sud du Brésil qui suscite plus que jamais la convoitise des grands propriétaires terriens.

Multiplication des raids meurtriers

"A l’heure où je vous parle", poursuit Valdelice Veron "mon village - Taquara Juti - est encerclé par les milices privées qui travaillent pour les entreprises actives dans l’agrobusiness. Les grands producteurs de soja et de canne à sucre utilisent ces groupes armés pour nous expulser ou nous intimider lors de raids meurtriers qui ont failli me coûter la vie il y a moins d’un an. La police de l’Etat, la DOF (Departamento de operaçaos de fronteira) participe directement à ces attaques qui ont encore tué il y a six mois Simiao Vilhava, l’un de nos derniers grands caciques."

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