Planète Reportage

Le "Métatron", curieux nom pour un curieux hybride, à mi-chemin entre le jardin extraordinaire de Trenet et le labyrinthe qui fit les nuits blanches de Dédale. Nul Minotaure ne hante pourtant les quatre hectares de terre humide sur lesquels ont été implantées les étranges "cages" qui composent cette installation unique en son genre, née de l’imagination de deux biologistes belges : Jean Clobert (directeur de recherche de la Station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis) et Michel Baguette (professeur au Muséum national d’Histoire naturelle).

Seuls 300 lézards vivipares communs et quelques centaines de papillons - des "piérides du chou" - ont jusqu’ici été invités à prendre possession des lieux. Des hôtes qui font l’objet d’une attention de tous les instants de la part des scientifiques. En les observant quotidiennement, ceux-ci espèrent en effet mieux comprendre les phénomènes de dispersion de ces espèces lorsqu’elles sont confrontées à des modifications de leur environnement et, singulièrement, celles liées aux changements climatiques.

Nichées sur un terrain en cul-de-sac dans la petite commune pyrénéenne de Caumont (Ariège), ces 48 cellules de 100 m2 interconnectées par un réseau de corridors constituent autant de biotopes artificiels sur lesquels les chercheurs peuvent influer grâce à un système de gestion informatisé. En déclenchant automatiquement des arrosages ou le déploiement de voiles d’ombrage à certains moments de la journée, cet équipement leur permet de moduler des paramètres aussi fondamentaux que la quantité de rayonnement solaire qui pénètre à l’intérieur des cages, la température et le niveau d’humidité de l’air.