Planète

L'association Natagora invite les citoyens à participer au recensement annuel des espèces communes de papillons ce week-end. Un moment idéal pour réfléchir aux manières d'accorder plus de place à la nature chez soi.

Chaque été, de nombreuses espèces communes de papillons embellissent et enrichissent, en virevoltant, les jardins et pelouses belges. Afin de davantage familiariserla population avec ces visiteurs réguliers, l’association Natagora invite les Bruxellois et les Wallons à participer à son opération annuelle de recensement “Devine qui papillonne au jardin” lors du week-end des 4 et 5 août 2018. En participant à ce recensement, les citoyens de tout âge, pourront enrichir leurs connaissances sur ces insectes.

Mais cet événement a surtout des visées écologiques. En effet, comme beaucoup d’autres insectes, les papillons tendent aujourd'hui à disparaître en raison de la raréfaction progressive des espaces naturels et de l’usage abusif de pesticides. Natagora espère attirer le regard des Belges sur cette situation préoccupante et leur montrer comment préserver leur environnement naturel proche.

Une activité à domicile

En pratique, l’opération se fait à la maison, dans sa pelouse. “Nous demandons aux particuliers de consacrer au moins une heure de leur temps, si possible, sur un week-end dans leur jardin. Ils doivent repérer les papillons qui se présentent à eux, essayer de les identifier et nous communiquer leurs observations” explique Fanny Vanobberghen, chargée de communication chez Natagora. “Grâce au guide des espèces présent sur notre site Internet, même les néophytes peuvent facilement s’y retrouver”, précise-t-elle.

Aidés par ce répertoire, les citoyens doivent indiquer précisement le nombre le plus élevé d’insectes qu’ils ont aperçu et, surtout, le moment de la journée où ils les ont vus. “Par exemple, si quelqu’un a vu deux papillons d’une telle espèce le matin, et cinq papillons d’une autre l’après-midi, c’est la deuxième information qui prime” poursuit-elle encore.

"Aménager son jardin en faveur de la nature et des papillons"

Pour les aider, l’association propose aussi sur son site web une plateforme encodage. De nombreux conseils et astuces pour aménager son jardin en faveur de la nature, et plus spécifiquement des papillons, y sont également rassemblés. 

En effet, pour pouvoir continuer à observer les lépidoptères, il est nécessaire d’abord de veiller à leur offrir des conditions de vie adaptées. “Pour attirer les papillons, il faut choisir des plantes intéressantes tant pour les chenilles que pour les adultes. Ces insectes à métamorphose complète apprécient la diversité des milieux et les jardins chaotiques où les herbes folles et orties côtoient les allées bien plantées. En privilégiant les plantes indigènes et en bannissant les produits chimiques, les chances de les apercevoir augmentent considérablement.” déclare Anne Weiserbs, biologiste à Natagora.

Bannir les pesticides

L'autre enjeu est donc lié à l'utilisation des pesticides. La majorité des propriétaires tendent en effet à user abusivement de ces produits chimiques afin de conserver un jardin très propre et très soigné. L'alternative proposée par Natagora consisterait plutôt à les bannir et à conserver une part de végétation à l'état sauvage. "Les pesticides provoquent énormément de dégâts pour la flore et la faune. Pour attirer les papillons, il faut par exemple, ne pas trop se préoccuper de la présence d'orties car elles sont très prisées par les papillons. Au contraire, elles permettent de mieux observer leur comportement" continue Fanny Vanobberghen.

Des conditions météos favorables

Ce recensement avait été organisé à large échelle il y a un an, lors du premier week-end d'août. Cette année, les citoyens pourront profiter de la bonne période de reproduction liée aux conditions météorologiques favorables.

L'association encourage l'implication volontaire. Ces recensements sont un outil précieux pour les scientifiques qui étudient l’évolution des populations. Les papillons étant considérés comme de très bons indicateurs de la qualité de l'environnement, les recenser permet de mieux appréhender l’état de la biodiversité en général.