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Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami dévaste le nord-est du Japon et déstabilise la centrale de Fukushima, entraînant la plus importante catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. A l’aube du sixième anniversaire de ce désastre, la situation est loin d’être revenue à la normale malgré les efforts des autorités pour faire croire que la crise est sous contrôle. La ville d’Iitate par exemple, située à plus de 40 km de la centrale nucléaire et évacuée seulement plus d’un mois après la catastrophe, va bientôt être décrétée habitable alors que les milliers de mesures effectuées par des membres de l’ONG Greenpeace montrent "un risque inacceptable". Au début du mois de février, Tokyo Electric Power (Tepco), la compagnie exploitante de la centrale, a mesuré un taux de radioactivité ambiante de 650 sieverts par heure, une quantité de rayonnements telle qu’un être humain y décéderait en 30 secondes. Pourtant, la compagnie assure que les rayonnements restent confinés à l’enceinte.

Six ans après la catastrophe, des dizaines de milliers de personnes restent dans une situation précaire, surtout les femmes et les enfants, les plus touchés par les conséquences de Fukushima, selon un rapport de Greenpeace publié à la veille de la Journée internationale des droits des femmes.

Un taux de dépression post-partum anormal

Les données rassemblées par Kendra Ulrich, spécialiste du nucléaire basée au Japon et auteure du rapport, montrent que l’impact des radiations a un effet plus grave sur la santé des femmes et des enfants que sur celle des hommes (lire ci-contre). Outre la santé physique, c’est aussi la santé mentale qui est affectée. Si de nombreux symptômes de stress post-traumatique ont été constatés, des scientifiques se sont étonné du taux anormalement élevé de dépressions, 27,6 % chez les femmes de la région de Fukushima, six mois après avoir donné naissance. Le taux moyen au Japon est évalué autour des 14 %.