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Dans les Ardennes, des traces indiquant la présence de loups ont été découvertes. Il n'est pas encore certain qu'ils y soient établis. Mais quels risques pour l'homme et le bétail?

Les loups de passage dans notre pays

Officiellement, il n’est pas encore établi chez nous mais plusieurs signes laissent à penser qu’il est bel et bien de passage.

Dans le nord de la France, dans le département de la Meuse, plusieurs spécimens ont été aperçus courant 2014 et 2015. En outre, "ce canidé a été aperçu en Sarre (en Allemagne, à la frontière du Grand-Duché, NdlR) cet été; ce qui a fait dire à la ministre de l’Environnement luxembourgeoise qu’il pourrait réapparaître au Grand-Duché, particulièrement dans le nord du pays, à la frontière belge et dans la vallée de l’Our. Dans cette éventualité, ce pays limitrophe élabore actuellement un plan de gestion du loup", explique Carine Lecomte, députée wallonne (MR) lors d’une question posée au Parlement au ministre René Collin.

Pas d’inquiétude, selon le ministre. Le loup est en France, en Allemagne et potentiellement au Luxembourg, mais en Belgique, aucun loup ne se pointe à l’horizon. "Le loup n’est pas à nos frontières. Il est observé dans le massif des Vosges avec, semble-t-il, une ou deux incursions en plaine dans le sud du département de la Meuse (à l’ouest de Nancy) sur une période de deux ans", répond Eric Etienne, porte-parole du ministre.

Un animal très discret

René Collin profite cependant de l’occasion pour annoncer un petit lifting au décret loup. "Concernant le projet d’indemnisation, il s’agit simplement de prévoir un toilettage du décret au cas où il devait y avoir un dégât un jour. C’est une mesure de précaution car un décret ne se modifie pas en trois jours."

Cette thèse est cependant réfutée par certains. Mais les spécialistes concèdent qu’il est trop tôt pour reconnaître officiellement le retour du loup chez nous. "Il faudrait retrouver un loup mort pour officialiser sa présence. Par contre, il est certain que des spécimens se promènent sur notre territoire mais ils ne sont pas établis à mon avis", explique Sébastien Lezaca, naturaliste à l’ASBL Forêt et Naturalité.

Et d’ajouter : "Certains spécimens ont été aperçus il y a trois ou quatre ans à Gedinne. On a aussi retrouvé des crottes dans la botte de Givet."

Sachant qu’un loup peut parcourir plus de 40 kilomètres en une nuit et qu’on en a aperçu à… 40 km de la frontière, il est raisonnable de penser que certaines régions doivent de temps à autre accueillir un loup de passage. "La Belgique est dans le couloir migratoire des loups. En plus, on est au carrefour entre les loups qui descendent de Pologne par l’Allemagne et ceux qui remontent de France."

De toute façon, même s’ils étaient en Belgique depuis plusieurs années, il est possible qu’on n’en ait pas encore aperçu tant c’est un animal discret, confirment les spécialistes.


Aucun danger pour les hommes

On imagine généralement, et souvent depuis l’enfance et son lot de contes peuplés de créatures féroces, le loup comme une bête féroce. En réalité, "il y a une différence entre le loup et le grand méchant loup des contes. Pour le citoyen lambda, le loup ne représente pas de soucis. C’est un animal discret qui fera tout pour fuir le contact. En Pologne où il est présent depuis des années, il n’y a jamais de cas d’homme attaqué", précise Sébastien Lezaca.

Pour le spécialiste, le risque peut éventuellement concerner le bétail. "Il est possible que lorsqu’une meute croise une brebis, ils l’attaquent. Mais on n’est pas dans des alpages comme en France, où les troupeaux pâturent dans la montagne, sur leur terrain de chasse. Pour les vaches ou les juments, le risque est presque nul."

Mais si lors d’une promenade bucolique dans nos forêts ardennaises, vous croisez un de ces canidés, la marche à suivre pour ne prendre aucun risque est la suivante :"Ne pas bouger, l’observer et profiter parce que ce sera un moment vraiment rare, mais il n’y aura pas de risque."

Un avenir au conditionnel

L’avenir de cet animal dans notre pays dépendra de deux choses, selon le spécialiste. "Du traitement médiatique. Si les journaux montrent un berger éploré à côté du cadavre ensanglanté d’une brebis, ça ne va pas aider le loup. Les chasseurs n’aiment pas les loups car ils mangent le gibier, et le dispersent, ce qui n’aide pas à la chasse."