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Le Roundup est-il cancérigène ? C’est la question au cœur d’un procès opposant actuellement aux Etats-Unis le géant américain des pesticides Monsanto à un millier de personnes ayant été - soit elles-mêmes soit leurs proches - atteintes d’un lymphome non-Hodgkinien, un cancer touchant le système lymphatique.

Les plaignants - des agriculteurs -, ont utilisé pendant des années le Roundup, un herbicide à base de glyphosate, produit phare de Monsanto. Les cas sont disséminés entre la cour fédérale de San Francisco et des tribunaux dans le Missouri, le Delaware et l’Arizona. Pas moins de 75 documents relatant des échanges internes de l’entreprise ont été publiés le 1er août sur le site des avocats des parties civiles, le cabinet Baum, Hedlund, Aristei&Goldman (BHAG). Ils révèlent des tentatives d’influencer la communauté scientifique.

Monsanto a rapidement dénoncé la publication de ces mails confidentiels. "Les avocats des plaignants ont décidé de violer les règles du tribunal et de publier des documents pour faire leur procès auprès de l’opinion publique. C’est malheureux", déplore Scott Partridge, le vice-président en charge de la stratégie de la firme. Michael L. Baum, associé gérant du cabinet qui défend les plaignants, nous explique : "Nous avons déposé une requête pour demander à ce que les documents produits lors des divulgations deviennent publics. Nous en avons informé Monsanto le 30 juin. Nous les avons rencontrés pour examiner les documents un par un. Ils ont refusé de le faire. Ils avaient 30 jours pour contester notre requête."