Planète

Les paysans de la province du Guizhou risquent de ne pas en croire leurs oreilles : selon les données publiées lundi dans la presse internationale, pas un seul Chinois ne figure dans le décile le plus pauvre de la population mondiale. Contrairement à 12,5 % des Européens et 7,5 % des Américains, ils sont donc préservés de l’extrême pauvreté qui semble pourtant affecter une partie d’entre eux.

Cette information surprenante ne vient pas d’un organe de propagande du Parti communiste chinois, mais d’un rapport publié par Oxfam à l’ouverture du Forum économique mondial de Davos. Sur la base d’une étude réalisée par la banque Crédit suisse et du classement des plus grosses fortunes mondiales établi chaque année par le magazine américain "Forbes", l’ONG britannique avance dans un communiqué qu’1 % de la population mondiale détiendra plus de 50 % des richesses d’ici 2016. Information choc, immédiatement reprise par la presse et les réseaux sociaux friands de ce type de nouvelle, et tristement révélatrice du fossé qui ne cesse de se creuser entre les extrêmement riches et les plus pauvres, qui ne sont donc pas toujours ceux que l’on croit.

Les misérables étudiants américains

Mais voilà qu’au lendemain du communiqué en question, un économiste français démonte la méthodologie utilisée par l’ONG et fait à son tour sensation dans la sphère médiatique.

"Si on se base sur les chiffres du Crédit suisse et l’interprétation qu’en fait Oxfam, un étudiant d’Harvard qui a pris un crédit pour faire ses études est plus pauvre qu’un réfugié syrien ou un bébé éthiopien", s’insurge Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Saint-Cyr.


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